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Gilets jaunes - journalistes : une relation détricotée au festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne

Les gilets jaunes du rond-point de Samazan (47) sont venus s'exprimer au festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne / © CB
Les gilets jaunes du rond-point de Samazan (47) sont venus s'exprimer au festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne / © CB

La défiance envers les médias ne date pas d'hier. Mais le mouvement des gilets jaunes a exacerbé cette perte de confiance. Au Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne, journalistes et gilets jaunes se sont retrouvés pour essayer de se comprendre. 

Par Charlotte Boniteau

Je t'aime, moi non plus : c'est comme cela que pourrait se résumer la relation entre journalistes et gilets jaunes.
Pour sa quatrième édition, le Festival international de journalisme ne pouvait pas passer à côté du mouvement social qui secoue la France depuis des mois, et son traitement médiatique.
 
Toujours là ! au festival de Couthures, venu en voisin de Samazan dans le Lot-et-Garonne. / © Charlotte Boniteau
Toujours là ! au festival de Couthures, venu en voisin de Samazan dans le Lot-et-Garonne. / © Charlotte Boniteau
 

Donner la parole aux gilets jaunes 

Avec la thématique "Journalistes, pourquoi tant de haine(s) ?",  journalistes, écrivains, historiens et politiques débattent face à un public passionné. Ce sont d'ailleurs les gilets jaunes qui ont ouvert le bal avec une rencontre vendredi matin. Florence Aubenas, journaliste au journal " Le Monde ", a invité ses "amis" gilets jaunes pour faire le point, huit mois après le début du mouvement. Elle avait passé du temps sur les ronds-points du Lot-et-Garonne pour comprendre les vies et les revendications de ces "oubliés". « Gilets jaunes » : la révolte des ronds-points est le fruit de cette immersion. 

"C'est très valorisant, et pour nous c'est formidable de pouvoir s'exprimer", raconte Maurice, alias Momo, un gilet jaune de Samazan. Il a accepté l'invitation et s'est pris au jeu du débat. 

 

Rendre des comptes 


Face à Céline Pigalle, directrice de la rédaction de BFMTV, les gilets jaunes sont moins cléments. Pour certains, c'est aussi l'occasion de demander aux médias de rendre des comptes

"Comment pendant des mois vous avez pu véhiculer le nombre de manifestants avec comme seule source le ministère de l'Intérieur ?", s'indigne dans le public un gilet jaune. 
La cheffe de la première chaîne d'information en continu de France se défend et finit par laisser entendre un méa-culpa. Elle conclut : "C'était compliqué d'avoir des chiffres !"

La profession remise en cause 


Méfiance, défiance, entre-soi : pour beaucoup, les médias n'ont plus les clés pour comprendre la "vraie vie". Trop parisiens, trop éloignés de la réalité du terrain ...Comment les journalistes peuvent reconquérir la confiance des citoyens ? 

Le média social Brut s'en sort pas trop mal face au public remonté. Avec des grands directs diffusés sur les réseaux sociaux lors des samedis jaunes, le jeune média a laissé la place aux faits, presque sans commentaires. "Nous, on s'est beaucoup concentrés sur le témoignage", insiste Rémy Buisine, journaliste à Brut.  

 



Même si le problème de cette relation amour/haine n'a pas été résolu, les débats ont offert des pistes de réflexions aux journalistes comme aux citoyens. Des personnes qui n'auraient jamais dû se croiser se sont parlé : c'est la magie de Couthures-sur-Garonne.
 

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