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Les “reclus de Monflanquin” devant la cour d'appel pour tenter de récupérer leur château

© JEAN LOUIS AMELLA / MAXPPP
© JEAN LOUIS AMELLA / MAXPPP

Séquestrés, manipulés pendant plus de 10 ans, "les reclus de Monflanquin" tentent de récupérer le château de Martel. Une demeure familiale que le gourou Thierry Tilly les avait incités à vendre en 2008. La cour d'appel d'Agen a étudie ce volet de l'affaire aujourd'hui.
 

Par Jean-François Géa

Les actuels propriétaires du château Martel, connaissaient-ils l'histoire des "reclus de Monflanquin" ?
C'est l'une des questions posées aujourd'hui devant la cour d'appel d'Agen.

Nouvel épisode, d'un long feuilleton judiciaire.

Le château de Martel est le théâtre d'une des plus célèbres affaires de manipulation mentale.
C'est là, que la famille Védrines, propriétaire des lieux depuis plus de 400 ans, est séquestrée par Thierry Tilly pendant une dizaine d'années.

Ce gourou a rencontré Ghislaine de Védrines en 1997. Elle dirigeait, alors une école de secrétariat.

C'est un de ses associés, avocat et ami qui fait les présentations.

Très vite, Thierry Tilly se fait une place dans ce cadre profesionnel et sait se rendre indispensable. Au fil du temps, les relations de travail, deviennent amicales.

Thierry Tilly, collègue, se fait confident.

Au bout de deux ans, je ne pouvais plus rien faire sans qu'il m'ait donné son aval, confiera Ghislaine Védrines quelques années après s'être libérée de cette emprise mentale.

Il utilisera ces confidences pour bâtir les murs derrière lesquels la famille Védrines va s'enfermer.

Lorsque vous êtes sous emprise, vous ne pensez plus, vous êtes une marionette expliquera Ghislaine Védrine, en 2012, au moment du procès.

En 2008, Thierry Tilly va profiter de cet empoisonnement mental pour pousser la famille Védrines à vendre le château familial à une société civile immobilière toulousaine.

Prix de vente 460 000 €. Une belle affaire pour l'investisseur.

© FTV
© FTV


En 2015, le Tribunal de Grande Instance d'Agen a estimé que cette vente devait être annulée en raison de "l'insanité d'esprit" des Védrines à l'époque de la transaction.

Le notaire de Valence d'Agen qui avait procédé à la vente, a lui été condamné à verser 200 000 € de dommages et intérêts à la famille, et 490 000 € à la société civile immobilière.

Mais la famille n'a pas récupéré son bien pour autant.

Car le château a changé de mains. La société toulousaine l'a en effet revendu en 2009.

Et cette vente-là est jugée légale
par le tribunal d'Agen.

Pour Maître Picotin, avocat de la famille Védrines,

les nouveaux propriétaires ne pouvaient ignorer l'histoire des "reclus de Monflanquin".

De leurs côtés, les actuels propriétaires de la bâtisse ont plaidé la bonne foi. Selon leur avocat, ils n'ont rien à voir avec les Védrines, et vivent cette affaire comme un traumatisme.

La famille Védrines quant à elle, par la voix de Charles-Henri Védrines, estime que "récupérer ce chateau serait le meilleur moyen de tourner définitivement la page de toute cette histoire".

La cour d'Appel d'Agen rendra sa décision le 24 octobre.


Une histoire d'emprisonnement mental qui aura coûté à la famille Védrines près de 10 ans de vie et 4.5 millions d'Euros, selon le préjudice estimé par l'avocat Daniel Picotin dans ses conclusions.

Thierry Tilly, a lui été condamné en appel à 10 ans de réclusion criminelle en juin 2013, par la cour d'appel de Bordeaux.

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