Passagers agressés sur le train Bordeaux-Agen : les contrôleurs font valoir leur droit de retrait

Plusieurs passagers ont été agressés dans le train entre Bordeaux et Agen samedi 5 et dimanche 6 décembre. Depuis dimanche, les cheminots font valoir leur droit de retrait. Ils demandent la présence systématique de contrôleurs et de policiers à bord des trains.
Depuis ce lundi matin très tôt, ils attendent d'être reçus par la direction de la SNCF à la gare Saint-Jean. Les contrôleurs répondent ainsi à l'appel de la CGT cheminot et demandent plus de sécurité à bord des trains.

Aggression au couteau

Le mouvement fait suite à deux agressions successives, survenues à bord de la ligne Bordeaux - Agen. Samedi 5 décembre, un homme s'en est pris physiquement à plusieurs passagers. Insultes, coups. Une femme a reçu un coup de couteau, qu'elle a réussi à contrer avec son sac à main. 
Les contrôleurs présents à bord ont alors appelé la police ferroviaire, mais l'homme a pris la fuite, descendant du train avant l'arrivée à Agen.
Le lendemain, rebelote. Le même homme monte dans le train pour un trajet retour. Il a une nouvelle fois agressé et importuné des passagers avant de se fondre dans la foule à la gare de Bordeaux, semant les forces de l'ordre venues l'interpeller.

"Ce événement soulève d'importantes questions autour de la sécurité des usagers et des contrôleurs, note Séverine Rizzi, secrétaire de la CGT Cheminots à Bordeaux. D'autant plus que cet homme est toujours dans la nature".
Les cheminots réclament l'assurance d'avoir des contrôleurs à bord de chaque train, ainsi que la présence de la police ou de la police ferroviaire.

Plus de contrôleurs systématiques à bord des trains

Une convention entre la SNCF et la région Nouvelle-Aquitaine a mis fin au recours systématique aux contrôleurs dans les TER péri urbains autour de Bordeaux.
Actuellement, les équipes montent et redescendent sur différentes portions de lignes entre Bordeaux, Arcachon, Langon, Coutras et Le Verdon. Un dispositif remis en cause par les cheminots. "Le contrôleur a en charge la sécurité des passagers. Dans le cas de l'agression sur le Bordeaux-Agen, l'agresseur a été gêné dans ses actes par les contrôleurs", précise la syndicaliste.

Par "chance", deux agents se trouvaient à bord du train ce jour-là : en raison de la réduction de l'activité ferroviaire pendant le reconfinement, les salariés sans activité ont été redéployés sur d'autres trains pour renforcer le dispositif existant.
 
Séverine Rizzi demande davantage de garanties à la direction, et s'inquiète que la situation puisse se reproduire, et dégénérer.

Que ce serait-il passé s'il n'y avait eu personne à bord ? Ou si l'agresseur décidait d'entrer dans la cabine du conducteur ? Ce n'est plus possible, entre la crise sanitaire et le contexte de sécurité actuel, nous voulons désormais des réponses.

Séverine Rizzi, secrétaire de la CGT cheminots à Bordeaux

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