Polémique budget ex-Poitou-Charentes : J.F. Macaire satisfait du rapport de la Chambre régionale des Comptes

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Écrit par Bernard Dussol
Jean-François Macaire le 27 juin 2016 à Bordeaux.
Jean-François Macaire le 27 juin 2016 à Bordeaux. © Maxppp

Le dernier président de l'ex-région Poitou-Charentes attendait le rapport de la Cour régionale des comptes avec impatience. Bien qu'il soit encore confidentiel, Jean-François Macaire estime que ce rapport conforte sa gestion des finances de l'ancienne région. Interview.

Le rapport de la Chambre Régional des Comptes est toujours confidentiel, même s'il a été envoyé le 5 novembre dernier à Alain Rousset. Le président de la Nouvelle-Aquitaine devra le présenter à la prochaine session du Conseil régional prévue le 19 décembre mais dores et déjà la version qui circule semble en-deça des observations qui avaient été formulées par la cabinet Ernst§Young.

Le travail des magistrats régionaux a été longuement décortiqué par Jean-François Macaire. Le dernier président de l'ex-région Poitou-Charentes y lit la confirmation de ce qu'il avançait depuis le début de la polémique avec les équipes d'Alain Rousset : "Nos comptes étaient bons, rappelle-t-il, et la Cour régionale des comptes confirme que c'est la trésorerie de l'ex-Poitou-Charentes qui a réglé les factures impayées." Interview.

Ce rapport de la cour régionale des comptes blanchit votre activité à la tête de l'ex-Poitou-Charentes ?


Oui, pour au moins deux raisons. La première, c'est que nous savons maintrenant que c'est bien le Poitou-Charentes qui a payé ses factures en retard, qui sont d'ailleurs d'un montant moins important que celui qui avait été annoncé. Nous avons pu le faire en apportant à La Nouvelle-Aquitaine de la trésorerie et des créances à recevoir. La deuxième raison, c'est que la Nouvelle-Aquitaine va recevoir la collecte de la taxe TICPE (Taxe Intérieure sur la Consommation des Produits Energétiques qui a remplacé la TIPP) sur les carburants. J’avais d'ailleurs annoncé l’instauration de cette taxe avant les élections. Ce n’est donc pas l’Aquitaine qui paie, c’est l'ex-Poitou-Charentes avec ses propres ressources.

Mais le rapport de la Cour des comptes ne pointe-t-il pas une dérive financière de l'ex-Poitou-Charentes quand vous étiez aux affaires ?


En aucune manière. Les magistrats indiquent au contraire qu'il n’y a pas eu de dérive budgétaire. Poitou-Charentes est restée jusqu’en 2014 l’une des régions les moins dépensières de France. L’année 2015,  qui est la dernière année de vie pour l'ex-région, ne peut pas être une référence pour de nombreuses raisons qui sont exposées dans le rapport de la Chambre Régionale des Comptes. S’il n’y avait pas eu de fusion, Poitou-Charentes aurait pu poursuivre ses politiques, en les encadrant davantage pour compenser le désengagement de l’Etat.

Les équipes d'Alain Rousset ont également pointé du doigt des dettes dites "toxiques" : ces emprunts financiers n'étaient-ils pas un danger ?


Là aussi il convient de rapporter les choses à leur juste proportion. L'ex-Poitou-Charentes était l’une des régions les moins endettées de France : 257 € par habitant contre 361 € pour la moyenne nationale. Rajoutez à cela que le taux d’intérêt moyen a fortement diminué en 2015. Le taux moyen de l’ensemble de la dette est de 2,5 % et celui des emprunts à risque de 4,1%, ce qui reste inférieur aux taux fixes pratiqués à l’époque où ils ont été conclus entre 2002 et 2007.

A vous entendre, on ne comprend pas pourquoi Alain Rousset a porté des accusations aussi graves sur votre gestion...


Moi aussi je me demande à quoi a servi tout ce remue-ménage médiatique. L'un des éléments de réponse, c'est que les politiques publiques conduites depuis 10 ans par l'ex-Aquitaine et l'ex-Poitou-Charentes étaient radicalement opposées. Nous n'avions pas les mêmes priorités. L'ex-Poitou-Charentes visait à alimenter finement le tissu économique du territoire quand, dans le même temps, l'ex-Aquitaine visait plutôt de grands projets industriels. Je regrette qu'il n'y ait pas eu de débat sur ces politiques publiques et qu'à la place on se soit contenté de mettre en exergue de prétendues dérives financières. Tout ça était excessif !


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