Orages au Pays basque. Les agriculteurs dévastés : "tous les revenus de l'année sont envolés"

Les violents orages dans le Pays basque ont fait de nombreux dégâts. Outre quelques toitures et véhicules endommagés, les agriculteurs ont subi d'importantes pertes sur leurs récoltes.

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"On a vu un ciel très noir alors que l'on était dans les champs, à travailler le piment, raconte Panpi Olaizola. On espérait que ça allait passer à côté et puis il y a eu un mur blanc qui nous est arrivé dessus." Le producteur et président du syndicat du Piment d'Espelette AOP se désole de ce qui s'est passé ce 20 juin 2023 : les orages et la grêle lui ont fait perdre toute sa production de piments.

Comme lui, de nombreux agriculteurs ont été touchés par les intempéries et ont perdu beaucoup. Si pour le moment l'heure est à l'évaluation des dégâts, ils savent que l'impressionnant épisode orageux ne sera pas sans conséquences sur leur activité. 

"C'est le travail de plusieurs années qui est foutu"

En un petit peu plus d'un quart d'heure, ils ont tout perdu, ou presque. Du "jamais vu", sur le territoire, assurent-ils. Dans le sud du Pays basque, la pluie, la grêle et le vent ont déferlé à une très forte intensité en l'espace de quelques minutes. "J'étais sous la serre en train de récolter des tomates, puis quelques grêlons sont tombés et ensuite ça s'est renforcé. Ça a duré une quinzaine de minutes", témoigne Bruno Junquet, maraîcher à Cambo-les-Bains. 

À l'exception de ce qui était sous terre, la totalité de sa récolte est fichue. Les grêlons, gros de 4 cm, ont endommagé tous les légumes ainsi que les plants. C'est également le cas à Itxassou. En regardant le champ de piments dont il est propriétaire, Éric Lacaze ne se fait pas d'illusion. "Là, c'est mort à 100 %, il n'y a plus rien à faire", encaisse-t-il.

Le piment n'a pas non plus supporté la grêle à Espelette. "Il ne reste plus que quelques tiges de piments, c'est le travail de toute une année qui est perdu, déplore Panpi Olaizola. J'ai aussi un hectare de verger, là, c'est le travail de plusieurs années qui est foutu. Comme c'était une très belle année de pomme, c'est encore pire. Les arbres vont mettre quelques années à se requinquer de ça." Son hangar a même été perforé par les grêlons. 

Ramuntxo Massonde est liquoriste et maraîcher à Itxassou, il a aussi vu la grêle décimer sa production. "J'avais des pommes et des prunes qui allaient bientôt pouvoir être récoltées. Maintenant, tous les fruits sont par terre et ils ne sont pas assez mûrs, d'autres ont été complètement tapés par la grêle, explique-t-il. Ça donne une vision assez chaotique de tout voir détruit. Et puis, il y a l'odeur des fruits écrasés, c'est une ambiance assez étrange."

Un classement en catastrophe naturelle ? 

À présent, pour les agriculteurs, c'est l'heure du bilan. Ramuntxo Massonde s'estime chanceux : "Heureusement que j'avais déjà ramassé une partie de mes récoltes. J'ai la partie agricole d'un côté, mais de l'autre la partie liquoriste. J'ai un voisin qui a tout perdu, c'est bien pire que moi." 

À Cambo-les-Bains, Bruno Junquet ne veut pas tirer de conclusions attives. "On verra demain à tête reposée ce que l'on peut faire", déclare-t-il avec l'espoir que l'assurance prenne en charge une partie des dégâts. 

"Pour nous, même s'il y aura peut-être quelques plants qui vont repartir, c'est tous les revenus de l'année qui vont s'envoler, alerte le président du syndicat du Piment d'Espelette AOP, Panpi Olaizola. Il espère un classement en catastrophe naturelle, mais ne se fait pas d'illusion : "Je pense qu'on sera loin du compte.

Plus encore, la situation pourrait bien empirer le 21 juin alors que des précipitations encore plus importantes sont déjà annoncées par Météo France.