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Après une semaine de procès, Mickaël Baerhel commence à parler

Le principal accusé du meurtre d'Alexandre Junca, collégien de 13 ans tué en juin 2011, a reconnu vendredi pour la première fois avoir agi seul. Des paroles sorties sous la pression du président de la cour d'assises des Pyrénées-atlantiques et de la mère d'Alexandre.
Valérie Lance, la mère d'Alexandre Junca, sa fille Virginie Junca et Philippe Junca (R), le père d' Alexandre, assis côte à côte au premier jour du procès le 7 juin 2016.
Valérie Lance, la mère d'Alexandre Junca, sa fille Virginie Junca et Philippe Junca (R), le père d' Alexandre, assis côte à côte au premier jour du procès le 7 juin 2016. © IROZ GAIZKA / AFP
Mickaël Baehrel, 30 ans, avait déjà reconnu avoir porté les coups de marteau mortels à l'adolescent, mardi, le premier jour du procès. Mais sans vouloir ou pouvoir expliquer précisément pourquoi.

C'est toutefois la première fois qu'il avoue avoir agi seul. Il avait jusque là toujours soutenu avoir été accompagné lors de l'agression d'un autre marginal, Christian Pierre, décédé depuis.

Vendredi, sur les instances du président Francis Bobille et de la mère d'Alexandre Junca, Valérie Lance, qui l'ont poussé dans ses retranchements, le jeune marginal a fini par reconnaître l'entière responsabilité du meurtre.

"Vous m'avez pris mon bébé (...) Donnez-nous la vérité!", lance la mère.


Visiblement ébranlé, Baehrel se lève et revient sur la nuit du drame, lorsque son co-accusé Christophe Camy, qui bénéficie alors d'une permission de sortie "d'essai" de l'hôpital psychiatrique où il est soigné, vole le portable du collégien.

Alexandre Junca veut alors reprendre son téléphone et Baehrel le frappe, d'abord à coups de poing, puis à l'aide d'un marteau qu'il porte sur lui, raconte-t-il.

"J'ai été le seul à violenter Alexandre. Il est mort sur le coup", assure l'accusé,

qui risque la réclusion à perpétuité pour "vol avec violences ayant entraîné la mort".

Selon ses dires, Baehrel transporte le corps seul, "le traînant par les bras" jusque devant l'appartement de sa compagne de l'époque, Fatimah Ennajah, 50 ans, accusée de "recel de cadavre et non-dénonciation de crime".

Mais contrairement à ce qu'il a dit jusqu'alors, il ne cache pas le corps dans cet immeuble : son acolyte Christian Pierre arrive à la rescousse avec une poubelle, où ils placent le corps d'Alexandre pour l'emporter devant chez Christian Pierre.

Selon Baehrel, ils l'y laisseront toute la nuit, jusqu'à ce que Claude Ducos, 76 ans, qui donnait de l'argent au marginal en échange de fellations, vienne chercher le corps le lendemain pour le charger dans le coffre de sa voiture.

Le septuagénaire, chasseur chevronné, est soupçonné d'avoir ensuite démembré le cadavre pour le faire
disparaître.

Malgré d'intenses recherches, des semaines s'étaient écoulées entre la disparition du collégien et la découverte de son corps : d'abord un fémur fin juin, puis d'autres restes en octobre en bordure de la rivière traversant Pau.

Claude Ducos nie en bloc depuis le début. Jugé pour "recel de cadavre, atteinte à l'intégrité d'un cadavre, destruction de preuve et non-dénonciation de crime", il encourt trois ans de prison mais a déjà passé quinze mois en détention provisoire.

"On a fait un pas de plus (...) Je suis sûr que Baehrel aussi s'est senti soulagé",

a commenté en marge de l'audience la mère d'Alexandre Junca.

Elle attend désormais que Claude Ducos, lui aussi, dise "la vérité".

Le procès, prévu jusqu'au 16 juin, se poursuit lundi avec l'audition du médecin légiste ayant autopsié le corps.

durée de la vidéo: 01 min 38
Procès Junca : la 4ème journée d'audience


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