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Le photojournaliste Edouard Elias en Béarn pour présenter son travail

Le photoreporter Edouard Elias à Orthez lors des Rencontres photographiques 2019 / © CatherinePipard
Le photoreporter Edouard Elias à Orthez lors des Rencontres photographiques 2019 / © CatherinePipard

A Orthez, lors des XIIe Rencontres photographiques, Edouard Elias est venu échanger avec le public sur son travail de reporter de guerre et présenter ses photos prises à bord de l'Aquarius. 

Par Olivier Lopez

- Edouard Elias, bonjour
- Bonjour !
- Qu'est-ce qui vous a emmené jusqu'à Orthez?
- On m'a invité, j'étais libre ces jours-ci, alors je suis venu. Je prends toujours plaisir à parler de mon métier

Le ton est donné. Edouard Elias aime la photo et les rencontres, les échanges. Pas étonnant qu'à 21 ans, encore étudiant, il choisisse en guise de stage de partir en Turquie photographier les réfugiés Syriens. Au gré des rencontres, le voilà qui passe la frontière et arrive à Alep. Août 2012, les combats sont intenses. Un baptême du feu grandeur nature pour celui qui, sans carte de presse, est déjà reporter de guerre. Son travail, "Le Martyre d'Alep", réalisé sans commande, sera publié dans Paris Match, Der Spiegel et le Sunday Times. Otage de groupes djihadistes pendant 11 mois

Retour en Syrie en 2013. Le 6 juin, il est enlevé au nord d'Alep, en compagnie de Didier François, grand reporter à Europe 1. Il passera 11 mois dans les geôles djihadistes entre torture et privation de nourriture.  

Je pense que j'ai dû acquérir une certaine forme de maturité sur la gestion du stress et apprendre à analyser le comportement de certaines personnes, car j'ai largement eu le temps de le faire en détention. En ayant pris plus de confiance, je photographie maintenant de la façon dont je rêvais de le faire avant : avec du temps, avec une image plus engagée, plus personnelle; en travaillant avec de l'argentique, du numérique, en mélangeant les formats. J'ai l'impression que je me suis beaucoup plus assumé par la suite. 

A peine libéré, il reprend ses appareils et retourne sur le terrain. "Je ne sais rien faire d'autre" confie le photographe indépendant. Irak, Ukraine, Centrafrique, des conflits encore...en mars 2016, les radeaux de fortune fuyant la Lybie ne cessent de se multiplier, Edouard Elias embarque pour 3 semaines sur l'Aquarius, le bateau de sauvetage en Méditerrannée qui effectue sa deuxième rotation. 

Photographier ces personnes a été une étape assez difficile pour moi mais ce que je trouvais intéressant c'est qu'ils étaient libérés aussi de certaines choses comme moi j'avais pu être libéré à une époque. Il y avait la même atitude, cette attitude un peu résignée, où les gens ne se dévoilent pas tout de suite, où ils ont une forme de calme et pensent déjà au futur. 

L'exposition SOS Aquarius d'Edouard Elias est à découvrir en mairie d'Othez jusqu'au 12 avril. 

Le photojournaliste Edouard Elias aux Rencontres photographiques d'Orthez

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