Pays Basque : tensions entre le président du Biarritz Olympique et le préfet des Pyrénées-Atlantiques

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Depuis la victoire du Biarritz Olympique samedi 12 juin, le torchon brûle entre le préfet du département et le président du club. Le premier reproche au BO de ne pas avoir respecté les règles sanitaires. Le second a contre-attaqué en évoquant des invitations délivrées "sous le manteau".

Rien ne va plus entre Éric Spitz, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, et Jean-Baptiste Aldigé, le président du Biarritz Olympique. Depuis samedi 12 juin et la victoire du club face à l'Aviron Bayonnais, la tension entre les deux hommes ne cesse de grimper. 

Enquête ouverte par le Parquet de Bayonne

Tout est parti d'un communiqué de la préfecture publié dimanche matin, stipulant que plusieurs mesures sanitaires n'avaient pas été respectées lors du match : selon le préfet, la jauge sanitaire de 5000 personnes a été dépassée, il y a eu de la vente d'alcool à emporter, les contrôles du pass sanitaire n'ont pas été systématiques, et enfin le terrain a été envahi par les supporters à la fin du match.

Interrogé par nos équipes le jour même, Éric Spitz a sévèrement critiqué la gestion des dirigeants : 

Tout ça reflète quand même un manque d'engagement. La parole qui est importante au Pays Basque n'a pas été tenue.

Éric Spitz - préfet des Pyrénées-Atlantiques

Il a précisé que le Biarritz Olympique s'exposait à trois sortes de sanctions :

  • une sanction sportive venant de la Ligue Nationale de Rugby
  • une sanction pénale : en effet, le parquet de Bayonne a été saisi d'un signalement par le préfet. Une enquête du service de sécurité publique de Bayonne a été ouverte
  • une sanction administrative qui pourrait entraîner une perte des subventions de l'État

Invitations "sous le manteau"

Après ces accusations, Jean-Baptiste Aldigé a répondu par le biais des médias. Interrogé par RMC, il s'est défendu de toute infraction avant d'attaquer le préfet :

On a regardé le logiciel hier soir, il y avait 5 000 personnes. Comprenant d’ailleurs les cinq invitations demandées un peu sous le manteau par le sous-préfet de Bayonne pour lui et sa famille.

Jean-Baptiste Aldigé - président du Biarritz Olympique

"Propos mensongers"

Loin de pacifier la situation, cette déclaration a fait violemment réagir le préfet des Pyrénées-Atlantiques qui a publié un nouveau communiqué dans la foulée, déplorant "qu’en lieu et place d’explications sur le non-respect des règles sanitaires, celui-ci ait préféré attaquer et tenir des propos mensongers à l’égard d’un fonctionnaire d’État." 

Tout en assurant tenir à disposition de la presse la preuve que le sous-préfet de Bayonne a acheté ses places "en toute transparence" :

Il a remis un chèque pour 5 places à 30 euros pièces devant témoins à son arrivée au stade, conformément aux dispositions arrêtées par le club et qui ont fait l’objet d’échanges de courriels.

Éric Spitz - préfet des Pyrénées-Atlantiques

Enfin, dernier rebondissement en date de ce bras de fer entre les deux hommes : un dernier communiqué du Biarritz Olympique publié sur sa page Facebook, assurant que le club "se prêtera naturellement à toute enquête administrative ou pénale qui permettra d'établir indiscutablement sa bonne foi et son absolu respect des règles."

 

"On a été interloqués"

De son côté, la maire de Biarritz Maider Arosteguy, interrogée par France 3 Euskal Herri, reste sceptique quant à l'accusation de la préfecture :

Effectivement à la mi-temps, le sous-préfet nous a alerté que la jauge n'était vraisemblablement pas respectée. Le président Aldigé a montré des documents indiquant que la jauge était respectée... donc on a été un peu interloqués.

Maider Arosteguy - maire de Biarritz

Elle espère surtout que les supporters biarrots ne seront pas lésés par cette affaire administrative et pénale. Reste à voir ce que dira l'enquête initiée par le parquet de Bayonne. 

Prolongation judiciaire entre le Biarritz Olympique et la préfecture