ETA : des membres du Groupe de contact convoqués par la police à Bayonne

Cinq membres du Groupe international de contact sur le conflit basque, qui joue un rôle de médiateur, ont été convoqués vendredi après-midi pour une audition libre à la Police judiciaire de Bayonne... 

Cette audition est organisée dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par deux  juges d'instruction parisiens en charge de la lutte anti-terroriste, Laurence Le Vert  et Christophe Teissier.
Ces membres, au nombre de cinq, dont le politologue français Pierre Hazan, l'expert juridique sud-africain Brian Currin et  le Britannique Raymond Kendall, ancien secrétaire général d'Interpol, ont pour mission de faciliter les liens entre la Commission internationale de vérification du cessez-le-feu de l'ETA et la société civile du Pays basque.

Dans ce cadre, ils participeront samedi 1er mars à la 2è édition du Forum pour la paix à la Faculté de Bayonne, un Forum qui a pour objet d'expliquer aux participants, des acteurs locaux de la société civile du Pays basque, des élus et des représentants de syndicats, les recommandations pour mener à bien
le processus de paix issues du Forum social de mars 2013 rendues publiques par Bake Bidea (Le chemin de la paix) et Lokarri (réseau de citoyens) au mois de mai 2013.
Ces recommandations, au nombre de 12, portent sur les principaux défis à relever comme celui de réussir le processus de désarmement et de démantèlement des armes et des structures militaires d'ETA.


Déjà une audition par la justice espagnole

Cette audition vient à la suite d'une autre audition par un juge espagnol, Ismaël Moreno, de trois experts de la Commission de vérification du cessez-le-feu entendus comme témoins le 23 février à Madrid.

La Commission de vérification, qui n'est pas reconnue par le gouvernement espagnol, comprend six experts dont trois seulement ont accepté de répondre à la convocation du juge : Ram Manikkaligam, un ancien conseiller du président sri-lankais dans les négociations avec les Tigres tamouls, Ronnie Kasrills, ancien ministre sud-africain du renseignement, et le Britannique Chris Maccabe, qui a participé au processus de paix en Irlande du nord.

Ces experts avaient annoncé le 21 février à Bilbao que l'organisation séparatiste basque espagnole avait commencé à "mettre sous scellés et hors d'usage" une certaine quantité d'armes. Ce premier geste de désarmement était accompagné par une vidéo, tournée en janvier dans un lieu inconnu et diffusée par plusieurs médias, montrant deux militants de l'ETA, cagoulés, présentant un petit stock d'armes et d'explosifs à deux des experts, le président
de la Commission, Ram Manikkalingam, et Ronnie Kasrils.

Une association de victimes avait réagi

A la suite de cette annonce, une association de victimes, Covite, avait demandé que ces experts soient entendus par la justice pour fournir des informations sur le lieu où ont été tournées ces images.
Le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, avait réagi en déclarant qu'il n'y a "rien à donner en échange" de la dissolution de l'ETA.

Rendue responsable de la mort de 829 personnes en plus de 40 ans de lutte pour l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre, l'ETA n'a plus commis d'attentat en Espagne depuis 2009 et avait annoncé le 20 octobre 2011 mettre fin définitivement à la violence.

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