Militaires français tués au Mali : le père d'une victime témoigne

Romain Salles de Saint Paul est décédé au Mali ce lundi 25 novembre 2019. / © FTV
Romain Salles de Saint Paul est décédé au Mali ce lundi 25 novembre 2019. / © FTV

Âgé de 35 ans, marié, père de deux petites filles, Romain Salles de Saint Paul est mort hier dans le crash de son hélicoptère au Mali. Il faisait partie du 5e RHC de Pau. Son père, résidant à Lanton sur le bassin d'Arcachon, nous a confié sa profonde tristesse mais aussi sa grande fierté.

Par C.O

"J'ai été informé par ma belle-fille, qui m'a téléphoné ce matin à 8h en m'indiquant que quelqu'un du régiment était venu la prévenir vers 6h ou 7h ce matin, en indiquant effectivement ce terrible accident" raconte Philippe Salles de Saint Paul. Sur les circonstances de l'accident, le père du militaire n'en sait pas plus que ce qui a été révélé dans les médias. "Dans un des hélicoptère, il y avait onze hommes, dans l'autre il y en avait deux (...), mais tout ce que je sais c'est par la télévision".

"Je savais que lorsqu'il partait il y avait un risque indéniable. Effectivement, il risquait sa vie... Il risquait sa vie. C'était son métier. Il aimait ça. Il est parti comme un militaire, en fait, le souhaiterait".

© Romain Salles de Saint Paul, du 5e RHC de Pau, mort au Mali le 25 novembre 2019
© Romain Salles de Saint Paul, du 5e RHC de Pau, mort au Mali le 25 novembre 2019


"Lui, ce qui lui faisait peur, c'est de laisser ses petites filles qui étaient très attachées à leur père", raconte ce grand-père de deux enfants de 3 ans et 6 ans. "On avait parlé de la dangerosité de cette mission. Il ne voulait pas trop en parler quand même car ils sont tenus au secret-défense, mais il était conscient lui aussi qu'il risquait sa vie mais qu'il y avait des valeurs à défendre".

Philippe Salles de Saint Paul décrit "un sentiment de profonde tristesse, de profonde déchirure". Romain, qui a grandi dans la region bordelaise, "n'avait que 35 ans, il avait la vie devant lui. Je trouve un peu injuste cette mort si précoce. Mais je m'y étais plus ou moins, un jour ou l'autre, préparé".

"Moi-même qui suis officier de réserve, on a quand même le sens de la patrie, du drapeau, donc moi je suis très fier, très malheureux bien sûr, mais très fier de ce que ces treize militaires ont fait".


Hier encore Philippe Salles de Saint Paul a échangé par SMS avec son fils, il ne l'avait pas eu au téléphone de vive voix depuis un mois.  "Je n'en veux à personne, je regrette simplement qu'il n'ait pas pu accomplir tout ce qu'il voulait, tout ce qu'il souhaitait".

Romain était un jeune que nous avions adopté, qui était d'origine colombienne, qui a toujours eu quelques difficultés avec l'intégration en France. Et je crois qu'il voulait quand même rendre à la France ce qu'elle lui avait donné".


Lorsqu'il parle de son fils Romain, Philippe évoque un "garçon très attachant, très rieur, très franc, qui était très famille"." Mon épouse est décédée il y a 9 ans presque jour pour jour, il disait qu'il ne se passait pas un jour sans qu'il ne pense à sa mère. C'est quelqu'un qui avait souffert beaucoup jeune, très jeune, puisqu'on l'a adopté il avait 5 ans. Et qui effectivement avait des fêlures mais qui était un être très attachant, très gentil. Tout le monde l'appréciait, tout le monde l'aimait".

► Sept militaires du 5e RHC de Pau parmi les 13 morts lors du crash de deux hélicoptères au Mali


"Un très bon technicien ayant toujours à cœur de mener à bien ses missions"

Romain Dalles de Saint Paul aura servi la France durant dix ans. C'est en août 2009 qu'il s'engage en tant que militaire du rang au 5e Régiment d'Hélicoptère de Combat et obtient la qualification de marqueur-baliseur. En, 2012, il devient opérateur membre opérationnel de soute, une "spécialité qui lui vaut de faire partie des premiers engagés volontaires à avoir le statut de personnel navigant", explique le ministère des armées.

Ses deux premières missions il les effectuera au Gabon en 2010 et en 2013, puis au Mali en 2015. Il réalisera également une mission à Djibouti en 2017 avant de retourner deux fois au Mali dans le cadre de l'opération Barkhane c'était en 2018 et en 2019 donc.

Au cours de ces différentes missions le caporal-chef Romain Salles de Saint-Paul "s'est révélé être un très bon technicien ayant toujours à cœur de mener à bien ses missions" relate le ministère.

"Particulièrement disponible et agréable à commander, il est très apprécié de tous et s'investit pleinement dans la cohésion de son peloton aussi bien en métropole que sur tous les théâtres d'opérations". 


Des qualités professionnelles et humaines qui lui avaient values plusieurs décorations. Il était titulaire de la médaille d'outre-mer avec agrafe Sahel et de la médaille d'argent de la défense nationale.

Découvrez l'intégralité de l'interview de Philippe Salles de Saint Paul 
Interview Philippe Salles de Saint Paul

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