Sept militaires du 5e RHC de Pau parmi les 13 morts lors du crash de deux hélicoptères au Mali

Un hélicoptère tigre au 5e RHC de Pau / © PHOTOPQR/SUD OUEST
Un hélicoptère tigre au 5e RHC de Pau / © PHOTOPQR/SUD OUEST

Les deux hélicoptères qui se sont percutés lundi soir 25 novembre 2019 sont originaires du 5e Régiment d'hélicoptères de combat de Pau.  Sept des treize victimes appartiennent à ce régiment spécialisé dans les interventions sur des terrains de guerre. 

Par C. Le Hesran, Maïte Koda et Julie Chapman

Treize militaires français ont été tués au Mali dans l’accident de leurs deux hélicoptères, un Tigre et un Cougar, dans le Liptako malien, lors d’une opération de combat contre des djihadistes. Sept victimes  font partie du 5e RHC de Pau. 
L'accident s'est produit vers 18 h 40 lundi 25 novembre 2019. Les deux hélicoptères se sont percutés accidentellement à très basse altitude selon le ministère alors qu'ils évoluainet dans une obscurité totale. 

Quatre militaires appartenaient au 4e régiment de chasseurs de Gap, un soldat venait du 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces, en Isère, et un militaire appartenait au 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol, dans le Vaucluse.
 

Ils participaient à une opération d’appui aux commandos de la force Barkhane qui étaient au contact de groupes armés terroristes. Engagés au sol depuis quelques jours, les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos.
Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000.


Communiqué de l'Etat-Major des des Armées

Selon le Ministère,  "un hélicoptère Cougar, avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission, a alors été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens, tout en étant en mesure d’intervenir pour assurer « l’extraction immédiate » d’un élément au sol.

Vers 19h40, pendant la manœuvre destinée à préparer l’engagement de l’ennemi, l’hélicoptère Cougar et un Tigre sont entrés en collision, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre. Aucun des militaires embarqués n’a survécu."

" Ce n'est pas qu'un accident ou une collision, mais un accident qui se produit lors d'une opération de combats" a insisté François Lecointre, le chef d'état-major des armées, lors d'une conférence de presse ce mardi à 14 h, en compagnie de la ministre des Armées Florence Parly.  "Ce n'est pas un simple accident" , surtout par nuit noire et lors de combats a-t-il précisé.
Une enquête est lancée avec le Bureau Enquête Accident. Les deux boîtes noires de l'appareil ont été récupérées sur place. 

► Les détails ont été livrés lors de la conférence de presse

 

 

 

 

"Morts pour la France"

Emmanuel Macron salue « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l’armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel », précise le communiqué. 

Le ministère de la défense a communiqué le nom des victimes ce matin. Les militaires originaires du 5e RHC sont le capitaine Nicolas MÉGARD, le capitaine Benjamin GIREUD, le capitaine Clément FRISONROCHE,  le lieutenant Alex MORISSE, le lieutenant Pierre BOCKEL ( fils du sénateur Jean-Marie Bockel ),  l’adjudant-chef Julien CARETTE, le brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL. 

 
Un bandeau noir est apparu ce mardi matin sur la page Facebook du 5e régiment d'hélicoptères de Pau en Béarn. 
 
 

Hommages

Sur Twitter le président Emmanuel Macron a rendu hommage à "treize héros" et  François Bayrou, le maire de Pau et président du Modem a salué la mémoire des militaires.
 


 
 
Le maire de Pau a également appellé  "les Palois et les Béarnais" à se rassembler dès ce mardi soir 19 h devant l'hôtel de ville de Pau.


 

Trente-huit décès depuis 2013

Quatorze militaires français ont trouvé la mort depuis le début de l'opération Barkhane en 2013.   Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. 


Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.
Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés dans le Var, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Tropez, après une collision en vol, faisant cinq morts.

C'est le plus lourd bilan essuyé par l'Armée Française depuis 1983 et l'attentat du Drakkar au Liban qui avait visé un immeuble occupé par des militaires français. 
 

L’opération Barkhane c’est quoi ?

L’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014, après le succès de l’opération Serval qui devait repousser les forces djihadistes à Bamako. L’opération Barkhane a, quant à elle pour mission de maintenir et renforcer la sécurité dans la zone du Sahel, aussi grande que l’Europe. Leur mission est ainsi d’empêcher la création de zones de refuge pour les djihadistes.


Les militaires ont également pour mission de collaborer avec les forces des pays membres du G5 Sahel : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad. Les 4 500 militaires mobilisés forment les armées et œuvrent pour la population, au travers d’aide médicale, alimentaire ou énergétique, afin de maintenir la sécurité dans les zones libérées.
 

Nous avions suivi une mission d'entraînement du 5e RHC de Pau en 2014 > 
 
Dans les coulisses du 5ème Régiment d'Hélicoptères de Combat de Pau
Nous avions suivi les pilotes et équipages du 5e RHC en 2014 lors d'une mission d'entraînement.

 

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