Un centre pénitentiaire de 250 places à Pau d’ici 2027 : épilogue d’un long feuilleton

Un nouvel établissement pénitentiaire de 250 places sera bien construit à Pau. Il verra le jour au nord-est de la ville, entre la rocade et l’avenue Alfred Nobel.

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(photo d'illustration) © MaxPPP - Vincent Isore

Le projet était dans les cartons depuis des années. Il devrait bien sortir de terre, avec une date de livraison: 2027.

Et si, cette fois, c’était la bonne? Les ministres se succèdent, les plans immobiliers pénitentiaires aussi et la prison de Pau, âgée de plus de 160 ans, est toujours là, en centre-ville, rue Bourbaki. L’Etablissement fait partie des plus vétustes de France.

En 2010, la ministre de la justice Michèle Alliot-Marie annonçait déjà la construction d’une nouvelle maison d’arrêt dans l’agglomération paloise pour "assurer des conditions dignes de détention" et pour mettre la France "en conformité avec les règles pénitentiaires européennes". Les villes de Lons, Idron, Sendets, et Artix s’étaient alors portées candidates. 

Mais sept ans plus tard, le nouveau garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas présentait un autre plan prison et une maison d'arrêt de 500 places au nord-est de Pau prévue pour 2021 ou 2022.

"Le terrain de 14 hectares se situe en centre-ville, ce qui assure une proximité avec le tribunal de grande instance et garantit ainsi une grande accessibilité."

Les mois passaient, et en octobre 2018, le projet n'apparaissait pas dans le programme immobilier présenté par le directeur de l'administration pénitentiaire.

Plan qui se décline en deux phases

Depuis, rien, jusqu’à l’annonce du Premier ministre lors de la visite du chantier de construction d’un centre pénitentiaire à Lutterbach dans le Haut-Rhin. Jean Castex a lancé la seconde phase du « plan prison », promis par le chef de l’Etat après son élection pour tenter de lutter contre la surpopulation carcérale.

7 000 places mises en chantier d’ici 2022,  c’est-à-dire livrées ou avancées à un stade de construction  et 8 000 supplémentaires qui doivent être lancées d’ici 2022, pour une livraison finale à l’horizon 2027.

Le plan prévoit en tout 15 000 créations de place avec pour ambition principale d'augmenter l'encellulement individuel. Jusqu'à présent, 48% des détenus bénéficient d'une cellule individuelle. L'objectif est d'arriver à 80% d'ici 2027.

Alors forcément, après tous ces épisodes, et ces rebondissements, cette nouvelle, longtemps attendue, est accueillie avec prudence. "Ça fait tellement longtemps qu'on en parle" souligne le bâtonnier de Pau. Le futur centre pénitentiaire béarnais doit voir le jour sur des terrains déjà préemptés par la collectivité, au nord-est de Pau, chemin de la Lande et comptera 250 places selon le dossier du ministère de la Justice.

Pour Claude Garcia, une nouvelle prison est nécessaire à partir du moment où les conditions de vie des détenus sont améliorées. 

"Ça fait trente ans que je suis avocat à Pau. J'ai fait beaucoup de pénal et je l'ai connu surpeuplée avec des cellules bondées et des détenus qui dormaient à même le sol. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, ce n'est pas la pire prison de France, mais on ne peut que se féliciter de l'amélioration des conditions de vie des détenus et de travail du personnel".   

En mars 2021, la France compte un peu plus de 64 000 détenus, pour seulement 60 000 places de prison.

 

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