Pyrénées-Atlantiques : dès jeudi, les bars fermeront à 22 heures

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques Eric Spitz a annoncé de nouvelles mesures pour faire face à la progression très rapide de l'épidémie de Covid-19 dans le département. Dès le 22 octobre, les bars devront fermer à 22 heures.
 

Eric Spitz, préfet des Pyrénées-Atlantiques
Eric Spitz, préfet des Pyrénées-Atlantiques © France 3 Aquitaine

"Lorsque j'ai fait ma conférence de presse samedi 17 octobre, le taux d'incidence était de 155. Très franchement, je n'avais pas prévu que 48 heures plus tard, on dépasserait les 200". Avec ces mots, le préfet Eric Spitz a exprimé son sentiment face à la situation sanitaire qui ne cesse de se dégrader dans le département.

Les derniers chiffres rapportent un taux d'incidence de 208,9 cas pour 100 000 habitants, et de 68,5 cas pour 1000 0000 habitants chez les plus de 65 ans. "On est sur une courbe exponentielle, avec les taux les plus élevés de la Nouvelle-Aquitaine", reconnaît Maritxu Blanzaco, directrice de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé. Le taux de positivité est quant à lui de 11,9. 
Des chiffres qui ne peuvent cependant être décorrélés du nombre de tests effectués dans le département : 2 436 pour 100 000 habitants en sept jours, contre 1 680 pour l'ensemble de la Nouvelle-Aquitaine. 

Baisser de rideau à 22 heures dans les bars

Pour autant, l'évolution de la situation impliquait donc une réaction : dès jeudi soir, les bars des Pyrénées-Atlantiques devront baisser le rideau à compter de 22 heures. La diffusion de musique amplifiée y sera interdite, les chaises entre deux tables devront être espacées d'un mètre minimum. La vente d'alcool sur la voie publique est interdite à compter de 22 heures, et les personnes se rendant dans des restaurants doivent désormais signer un registre avec leur nom et leurs coordonnées, afin de faciliter un éventuel traçage. Eric Spitz a également annoncé la fermeture des piscines qui ne disposent pas de vestiaires individuels. Les salles de sport restent quant à elles ouvertes, mais les vestiaires y seront fermés.

Toutes ces mesures seront effectives dès le 22 octobre, et pour une durée de quinze jours. "J'aurai ou prendre des mesures plus radicales, a reconnu le préfet qui a précisé avoir tenu à préserver "la vie économique, sociale et culturelle". 

Situation "maîtrisée" dans les hôpitaux

"La situation dans les hôpitaux est encore maîtrisée", a assuré le préfet. Neuf personnes se trouvent en réanimation pour cause de contamination à la Covid-19 dans les Pyrénées-Atlantiques :  six se trouvent à Bayonne et trois à Pau.

"Si le nombre de personnes en réanimation devait augmenter, si nous avions un risque d'être débordés, il pourrait y avoir d'autres mesures", prévient le préfet qui envisage notamment une baisse de la jauge du nombre de spectateurs pour les grands événements de 5 000 à 1000 personnes, ou encore la fermeture d'établissements recevant du public 

Voir l'interview d'Eric Spitz, invité du 12/13
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Eric Spitz, préfet des Pyrénées-Atlantiques, invité du 12/13 ©France 3 Aquitaine

"Nos métiers sont sur la sellette"


Les mesures annoncées par le préfet n'ont pas manqué de faire réagir les professionnels . "Il n'y aura pas de fermeture de restaurant avant les heures normales, c'est quand même une très bonne chose, s'est réjouit Jean Pierre Istre. Mais pour le président de l'UMIH Pays basque, la fermeture des bars à 22 heures reste pénalisante. Une fois de plus ce sont nos métiers qui sont mis sur la sellette", déplore-t-il.
 

L'ARS dit qu'à ce jour il n'y a aucun cluster déclaré dans les bars des départements. Le préfet lui explique qu'il ne baissera pas la jauge des événements sportifs de 5 000 à 1 000 car ils respectent le protocole sanitaire. Nous aussi, depuis le déconfinement, on respecte le protocole sanitaire !

Jean-Pïerre Istre, président de l'UMIH Pays basque

"Les gens vont faire la fiesta dans des appartements privés"

D'autant plus que pour ce denier, le caractère familial des vacances de la Toussaint devrait permettre d'éviter tout débordement festif.  Jean-Pierre Istre s'inquiète d'éventuels reports sur des soirées privées, alors que le nombre de contrôles sur les bars du département s'élève à 80  " C'est très facile de contrôler un bar, et il est normal que ceux qui ne respectent pas les règles soient sanctionnés.
Il faudrait que les mêmes moyens qui sont mis pour contrôler les bars soient mis pour contrôler les soirées privées. Les gens vont aller dans des appartements privés, et faire la fiesta à 10, 12 ou même 15 jusqu'à 2 heures du matin", prévient-il.
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