Un sportif à l'assaut des 12 km du col du Soulor en courant à reculons

Louis Bérenguer dit "Lulu" a 57 ans. Féru de course à pied, il s'amuse à gravir les cols mythiques du Tour de France en courant à reculons. Il appelle ça le retro-running. Ce matin, il s'est attaqué au col du Soulor en Béarn.

"10, 9, 8 .... 3, 2, 1 Go !"

A chaque départ, le même rituel du décompte.

"Ca m'aide à me mettre en condition" explique Lulu, casquette vissée sur la tête et sautillant sur place avant le top.
 



Il compte monter les 12 kilomètres qui le sépare du col du Soulor en moins de 2 heures. En reculant du début à la fin.

"On court quasiment sur la pointe des pieds, un peu à la Mickael Jackson, en monowalk" ironise t-il.
 


Au mois de juin, c'est le col d'Allos dans les Alpes qu'il a franchit de cette façon. 17 kilomètres. "Là j'ai l'impression que ça va être un petit col, c'est ma façon de relativiser".

Il est donc parti pour courir à l'envers une côte dotée d'un dénivelé de 9% en suivant la ligne blanche pour se repérer.

"J'y trouve un plaisir que je ne trouve pas dans la course classique où je dois toujours performer. Là, j'apprécie les paysages. C'est une compétition envers moi-même, y a pas d'adversité" explique celui qui pratique la course classique depuis 27 ans.

Dans les Pyrénées, il a déjà gravit les cols de l'Aubisque, du Tourmalet ou de Peyresourde. Tous des passages mythiques du Tour de France.
 


Il a commencé le retro-running en 2013 avec sa compagne toujours à ses côtés pour immortaliser ses performances.

"10 mètres !" lui crie t-elle à l'arrivée. "10 mètres !

Lulu est heureux. Il regarde sa montre. 1 heure et 58 minutes qu'il est parti. "J'ai la tête qui tourne" dit-il, un grand sourire aux lèvres. 

Sur le bord de la route, une seule spectatrice, Beeltje, qui a hébergé le couple avant l'ascension. "C'est un peu bizarre de faire ça à reculons" dit-elle, "mais enfin chacun ses passions".

Oui, chacun ses passions et ses défis.

Le prochain de Lulu, ce sera un trail en novembre, tout près de Sète où il habite.
 

Regardez le reportage de François Busson et Benoît Bracot qui ont suivi Lulu dans son ascension du col du Soulor :