La réouverture des remontées mécaniques et des restaurants repoussée : "on commence à envisager le scénario du pire"

Ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les stations de skis, musées cinémas, restaurants et salles de sport resteront fermés au moins jusqu'à fin janvier. Un nouveau coup dur pour les professionnels qui ne croient plus en la possibilité de sauver les meubles.

Jean Castex
Jean Castex © Ludovic MARIN / POOL / AFP

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé ce jeudi le prolongement de la fermeture des stations de skis, des musées et des salles de sport et de spectacle au moins jusqu'à la fin du mois.

"Les musées, les cinémas, les théâtres, les salles de spectacles, les équipements sportifs ou de loisirs ne connaîtront dans les semaines qui viennent aucun assouplissement", a prévenu le Premier ministre lors de sa conférence de presse.

Nous ferons un point le 20 janvier prochain avec le secteur de la culture pour voir s'il est possible de reprendre l'activité à partir de début février”, a poursuivi le Premier ministre.

"Je n'y crois même pas"

Les bars et restaurants ne rouvriront pas avant la mi-février au plus tôt, a également déclaré Jean Castex. Un nouveau coup dur  pour les restaurateurs dont les établissements sont fermés depuis le 30 octobre.
Désabusés, ils ne plaçaient pourtant plus d'espoir dans la  date du 20 janvier annoncée par Emmanuel Macron en novembre.

"Je ne m'attendais même pas à ce qu'il puisse annoncer une date probable de réouverture. Mi-février, malheureusement, je n'y crois même pas", a déclaré le chef étoilé Philippe Etchebest, invité du 19/20 de France 3 Aquitaine.

La situation aujourd'hui est incontrôlable. Ils annoncent même des virus encore plus dangereux qui arrivent. C'est dur, et je pense notamment aux restaurants des stations de ski qui voient leur saison foutue en l'air.

Philippe Etchebest, restaurateur bordelais, chef étoilé

Le chef bordelais demande à l'Etat de garantir des aides afin de permettre aux restaurateurs d'affronter la fermeture administrative. 

Il y a beaucoup de restaurateurs qui sont au bord du précipice. Même 10 000 euros ne suffisent souvent pas à payer les loyers, les frais fixes, et les emprunts qui courent.

Philippe Etchebest, restaurateur bordelais, chef étoilé

Les stations du ski perdent espoir

De même, les stations de ski qui espéraient assurer les vacances de février, à défaut de la réouverture le 7 janvier annoncée en décembre, n'ont aucune garantie. Jean Castex a annoncé le report de la réouverture des remontées mécaniques, la décision d'une éventuelle reprise sera étudiée fin janvier.

"On nous demande d'attendre encore jusqu'au 20 janvier. Et le 20 janvier, on nous dira peut-être ce qu'on pourra faire pendant les vacances de février", déplore Olivier Grosclaude, directeur de l'Epsa, l'Etablissement public des stations d'altitudes.

Scénario du pire

"Ces vacances de février, c'est 35 à 40 % de notre activité. Et comme le dit Philippe Etchebest, vous imaginez que nos stations puissent ouvrir à partir du 6 février sans restaurant ni bar? C'est quoi la vie de ces structures si tout ce qui fait le quotidien et l'attrait de ces vacances n'a pas lieu?"

Aujourd'hui on commence à imaginer le scénario du pire. Une saison blanche, sans ouverture où on mettra la clé sous la porte en attendant des jours meilleurs.

Olivier Grosclaude, directeur de l'EPSA

 

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