• ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • SOCIÉTÉ
  • FAITS DIVERS
  • SPORT
  • CULTURE

Retour sur les 100 jours de deux députés du Limousin

© France 3 Limousin
© France 3 Limousin

Jean-Baptiste Moreau, La république en Marche, député de la Creuse et Frédérique Meunier, Les Républicains, députée de la 2ecirconscription de la Corrèze étaient les invités de Dimanche en Politique ce 17 septembre 2017 sur France 3 Limousin. 

Par Hélène Abalo

Les deux nouveaux députés, élus en juin 2017 ont livré leur point de vue sur les premières réformes du gouvernement.  Si les deux députés du Limousin sont d’accord sur la réforme du code du travail, ils s’opposent franchement sur les coupes budgétaires, avec notamment la baisse des emplois aidés.


Des députés qui mettent entre parenthèses leur vie professionnelle

Elus le 18 juin, voilà 3 mois que Jean-Baptiste Moreau et Frédérique Meunier sont désormais députés de la Nation. Une nouvelle fonction, avec une charge de travail conséquente. Ils ont donc choisi, tous les deux, de mettre entre parenthèses leurs métiers respectifs, Jean-Baptiste Moreau cherche à confier sa ferme à plein temps, Frédérique Meunier a décidé de ne plus exercer pour le moment son métier d’avocate.

Jean-Baptiste Moreau :

C’est un changement total, un changement de vie, de fonctions et de responsabilités » « Ce qui compte c’est faire face et avoir le courage d’aller au bout de ses convictions et de ce qu’on pense bon pour le pays. 


Frédérique Meunier:

C’est vrai que c’est très compliqué quand on a une vie professionnelle et que l’on bascule dans cette vie parlementaire 


Front commun sur la réforme par ordonnances du droit du travail

Ils n’appartiennent pas aux mêmes groupes politiques, l’un dans la majorité présidentielle, l’autre dans l’opposition de la droite républicaine, mais ils se rejoignent sur nombre de dossiers. A commencer par  la réforme du droit du travail. Frédérique Meunier a d’ailleurs voté pour que cette réforme puisse s’opérer par ordonnances.

Frédérique Meunier

Il faut faire confiance, il faut avancer. L’idée générale de cette loi correspondait à notre idée à nous quand nous étions au gouvernement 


Sur la méthode, comme sur le fond des transformations – discussion au niveau de l’entreprise et non plus de la branche uniquement, plafonnement des indemnités prud’homales – ils sont d’accord. Malgré les premières manifestations contre ce projet, et avant plusieurs mouvements annoncés : les routiers, la CGT, la France Insoumise, les retraités, les fonctionnaires, aucun des deux ne souhaitent un recul du gouvernement.

Jean-Baptiste Moreau

Ce que nous avons porté dans ces ordonnances, c’était déjà dans le programme du président, Il est évident que nous ne reculerons pas. On propose une véritable transformation de la société, à partir de là on sait très bien qu’il y a plus de résistances à la transformation que d’envies. On savait très bien que ce serait difficile. 


Points de vue divergents sur les  coupes budgétaires

Nos deux députés sont en revanche en désaccord sur les multiples révisions à la baisse opérées par le gouvernement d’Edouard Philippe. Baisse des dotations de l’état, baisse des emplois aidés, baisse des aides au logement, augmentation de la CSG, sur toutes ces décisions, Jean-Baptiste Moreau assume, tout en renvoyant la faute au précédent gouvernement : "Le problème c’est qu’on est arrivé avec un budget insincère… il a fallu effectivement faire des économies qui n’étaient prévues".

Une vision que ne partage pas du tout Frédérique Meunier, tout en soulignant une convergence dans les principes, elle dénonce une méthode qui consiste à faire des économies tout de suite sur le budget de l’état, en annonçant des compensations pour plus tard : "Je préfère que vous n’annonciez rien, parce que nous collectivités, on ne sait pas où on va. "

Sur les emplois aidés, la députée, qui reste conseillère municipale, et qui était avant son élection vice-présidente du conseil départemental de Corrèze est particulièrement directe : "Je suis en colère. Sur le périscolaire, on a des contrats aidés, on a des gens que l’on a pris dans ce cadre-là, du jour au lendemain, qu’est-ce qu’on en fait ? Que du jour au lendemain on vienne nous dire que les contrats aidés, c’est fini, je peux vous dire que ma collectivité est vraiment en difficulté."
Sur ce point, Jean-Baptiste Moreau, une nouvelle fois, soutient ce choix : "On veut faire complètement différemment, parce qu’on voit bien que les emplois aidés ne sont pas la solution pour sortir les gens du chômage."


Reprise de GM&S : les députés ne pourront pas faire plus

Interrogé sur la reprise par GMD de l’entreprise GM&S de la Souterraine, Jean-Baptiste Moreau, qui a particulièrement suivi le dossier, rappelle que "L’Etat est beaucoup intervenu, pour obtenir des commandes ". Quant à son rôle de député, il est celui d’une courroie de transmission entre les attentes locales et le gouvernement : "Clairement, je n’ai pas de rôle spécifique au niveau économique. Je suis d’accord qu’il a une certaine frustration, qu’il y a une inquiétude par rapport aux 157 personnes qui ne seront pas reprises ".

Pour sa part Frédérique Meunier abonde dans le sens Jean-Baptiste Moreau quant aux possibilités dont disposent les parlementaires  : "Il y a un moment donné, hélas, où notre rôle va s’arrêter. On ne pourra pas aller plus loin, malheureusement". Si elle juge que dans pareille situation, il était nécessaire que l’Etat intervienne, il ne peut pas se substituer au repreneur, pour conclure que "mieux vaut garder une entreprise et la faire progresser que de tout fermer."


Le mot de la fin sur... Emmanuel Macron

Frédérique Meunier    

Monsieur Macron miracle ou mirage ? Ce que je souhaite c’est que ce ne soit pas que du vent, qu’il aille véritablement au bout des réformes qu’il a annoncées 


Jean-Baptiste Moreau    

J’entends l’impatience, je n’ai pas dit que le programme nous allions le faire en 5 mois, nous avons 5 ans pour le mettre en place 


VOIR OU REVOIR
 

 

Sur le même sujet

Les canards de la discorde

Les + Lus