Rugby : attention danger sur les finances des clubs en raison de la crise du coronavirus

Depuis le déconfinement, le 11 mai, la planète rugby prépare la reprise. Mais, le spectre du huis-clos sur la saison 2020-2021 fait craindre le pire pour les finances et l’avenir de structures sportives qui reposent en grande partie sur la billetterie et les partenariats. 

Reprise de l'entraînement au Stade Rochelais
Reprise de l'entraînement au Stade Rochelais © Vlad Vasnetsov
Tout a débuté en pleine crise du covid 19. Début avril, un rapport de la Direction Nationale d’Aide et de Contrôle de Gestion, alerte la Ligue Nationale de Rugby sur la situation financière des clubs professionnels. Neufs de top 14 et sept de Pro D2 sont dans le collimateur du Gendarme Financier. 

En cause des difficultés récurrentes à équilibrer les budgets pourtant bien loins de ceux du football. De 40 pour le stade français à 12,5 millions pour le plus petit budget du championnat. 
 

Contrairement au football où le budget des clubs dépend pour 60 % en moyenne des Droits tv, les clubs de rugby sont tributaires du sponsoring et de la billetterie pour 70 à 80 %.  
 

L’impact de la crise du coronavirus sur ces deux lignes budgétaires cruciales pour la santé des clubs professionnels a de quoi inquiéter les principaux acteurs du secteur.
Perte de sponsors ou baisse de leur participation, moins 30 % à venir selon l’étude de la DNACG d’avril 2020, e huis-clos préconisé par la Ministre des Sports, Roxana Maracineanu,  "Sans le vaccin, pas de retour à la normale pour le sport", sont une réelle menace pour le championnat le plus attractif d’Europe : 14 049 spectateurs en moyenne par match après treize journées de championnat (janvier 2020) soit 11 % d’augmentation sur les deux dernières années.
Le modèle  économique actuel du rugby hexagonal trop dépendant de l’économie réelle est en danger. 
 


La menace plane sur trois clubs de Nouvelle-Aquitaine


Sur les neuf structures pointées du doigt par la Direction Nationale de Contrôle d’Aide et de Gestion, six dont trois de Nouvelle-Aquitaine seraient dans l’incapacité de combler leur déficit sans un apport financier supplémentaire de leur principal mécène. 
Alors quelles sont les solutions possibles ?  

> Aide des collectivités territoriales : 
Selon l'article L113-2 du code du sport, le soutien direct d’une collectivité territoriale via subvention hors mission d’intérêt général (2,3 millions octroyés par saison au maximum) en faveur d’une société anonyme sportive professionnelle est interdit en France. 
 
> Baisse des salaires : 
Dans son rapport, la Direction Nationale de Contrôle d’Aide et de Gestion a préconisé une baisse de la masse salariale allant de 17 à 31 %.  

On ne pourra pas fonctionner sans une baisse des salaires des joueurs pour démarrer la saison à venir.
Bernard Pontneau - président de la Section Paloise -

Des négociations sont en cours entre les joueurs et les dirigeants des clubs de Top 14 et de Pro D2. 

 
> Le Public : 
C'est le point crucial, celui qui pose le plus de problème. Le huis-clos total mettait en péril l’économie des clubs. 

Le Stade Rochelais reste entièrement focalisé et mobilisé sur la préservation de sa pérennité économique, dont le modèle, essentiellement basé sur les revenus de la billetterie et du partenariat, est aujourd’hui gravement mis en danger.
Communiqué du Stade Rochelais

La restriction d'une jauge maximale de cinq mille spectateurs dans les stades pose question au regard du coût d’organisation d’une rencontre de championnat, la location de Chaban Delmas par exemple s’élève à 27 000 € le match.

Cette solution ne semble donc pas viable sur le court et encore moins sur le moyen terme : l’autonomie des trente clubs professionnels (Top 14 et Pro D2) français est estimée à trois mois maximum en cas de huis-clos pour la reprise du Top 14 fixée au 5 septembre 2020.

Paul Goze, Président de la ligue Nationale de Rugby, en appelle donc au pouvoir public pour une exonération massive des charges salariales et patronales jusque fin 2021 afin de compenser les pertes financières d’un possible huis-clos de quatre à cinq mois.  

Le président de la LNR n’exclut pas de demander un fonds de soutien de l’Etat au rugby si la situation devait perdurer. 
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