Rugby Top 14 : La Rochelle intraitable face à Pau

Dans un stade du Hameau privé de spectateurs, le Stade Rochelais n’a laissé, en première mi-temps,aucune chance à des palois peu inspirés.
le Capitaine rochelais Kevin Gourdon signe une quatrième victoire d'affilé avec son équipe
le Capitaine rochelais Kevin Gourdon signe une quatrième victoire d'affilé avec son équipe © GAIZKA IROZ / AFP
Le rugby est un jeu qui se joue à quinze et, à la fin, souvent, c’est celui qui s’est le plus amusé qui gagne (quand Toulouse n’est pas de la partie évidemment). En ce moment, les jaune et noir s’amusent, beaucoup. Comme Brice Dulin, l’insolent arrière du Stade Rochelais qui, dès la troisième minute de ce match à huis clos, se joue de la défense paloise par un astucieux petit « par dessus ». Cela finira par une pénalité ajustée par Jules Plisson, mais c’est surtout là l’image de maritimes décomplexés et qui, depuis plusieurs semaines, osent tout simplement.

Le beau jeu du bord de mer


Privée de ses internationaux, sans certains joueurs cadres blessés (Atonio) ou laissés au repos, c’est pourtant une équipe rochelaise remaniée qui avait fait le voyage dans les Pyrénées. Pas moins de six joueurs signaient leur première titularisation de la saison. Emmenés par un capitaine Gourdon en pleine forme et qui transperce la défense adverse à la dixième minute, les jaune et noir se trouvent à l’aveugle. Sinzelle est intenable et quand Plisson offre une merveille de chistera à Liebenberg, les béarnais ne peuvent qu’admirer le beau jeu du bord de mer.

Deux minutes plus tard, nouvelle insolence de Dulin avec un nouveau coup de pied pour lui-même. Le Bail est au relais et Léo Aouf fête sa première feuille de match avec un plongeon dans l’en-but. Fantaisie apparemment pas vraiment du goût de son entraîneur Grégory Patat.

Pau essaye pourtant mais il y a toujours un gratteur de rochelais comme Aguillon pour calmer les ardeurs des béarnais. A plus de 50m, Plisson porte le score à 20 à 0. Si Hastoy lui répond et marque les trois premiers points de son équipe, à la demi-heure de jeu, Jules Favre offre un virtuel bonus offensif au Stade Rochelais. Puis, alors que la sirène assourdissante a retentit dans ce stade sans âmes, Zeno Kieft, lui aussi, agrave le score. 32 à 3, l’addition est aussi lourde qu’une marmite de garbure.
 

Le contrat est rempli. Dans l'ensemble, c'est très positif. A la mi-temps, on avait une marge assez conséquente. On savait que Pau avait déjà subi des entames délicates avant de revenir au score. On s'est dit qu'il fallait capitaliser. On est resté dans notre plan de jeu, quand tout le monde fait son boulot, c'est plus facile. On a eu une grosse intersaison comme tous les clubs. On veut se servir de tout ce qui s'est passé pour démarrer pied au plancher et ne pas avoir de regret à la fin. Cette victoire, c'est positif pour les jeunes qui rentrent dans le groupe. A huis clos, c'est spécial, notamment à l'échauffement. J'ai demandé à mes équipiers de se concentrer et d'oublier ce qu'il y avait autour. Ce que je regrette, c'est d'avoir fait quarante bonnes minutes et de ne pas avoir continué sur le même tempo.

Kevin Gourdon, capitaine du Stade Rochelais

 

Retour aux fondamentaux


Car, à la reprise, comme à leur habitude cette saison, les palois offrent un nouveau visage. On n'ose imaginer ce qui s'est dit dans les vestiaires. Les rochelais, eux, comme le week-end dernier face à Bordeaux, semblent lever le pied. Les uns ne s’amusent plus et les autres reviennent aux fondamentaux, aggressivité, conquête, conservation, jeu simple. On a changé de match.

A  la 42ème, Hugo Bonneval concrétise le sérieux retrouvé de son équipe. Vous avez dit fondamentaux ? A l’heure de jeu, c’est un groupé-pénétrant qui envoie Lucas Rey derrière la ligne. Le bonus offensif s’envole pour La Rochelle. Surtout que la même Lucas Rey marque un troisième essais en fin de match.
 

On a réussi 20 premières minutes spectaculaires, tout ce qu'on tentait réussissait. C'est le témoin d'une équipe en confiance. On a très bien géré la première mi-temps. Après, on a vu nos forces et nos faiblesses... Mais c'est intéressant et positif. On change de mentalité, les joueurs changent de mentalité. On est une équipe difficile à affronter. Je suis satisfait de cette deuxième victoire d'affilée à l'extérieur. En Top 14, c'est extrêmement difficile de gagner à l'extérieur. On a vu un groupe. De notre point de vue d'entraîneurs, c'est une force. Après, on est des guerriers mais pas encore des tueurs.

Rona,n O'Gara, entraîneur du Stade Rochelais

Score final 24 à 35. Les maritimes enregistrent certes une quatrième victoire d’affilé, une deuxième à l’extérieur cette saison, mais Jono Gibbes et ses hommes le savent : la saison est longue et il y a du pain sur la planche.
 
 
 
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