Salon de l'agriculture de Paris : 4 questions à Alain Rousset

La journée Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes c'est ce mercredi 2 mars. Nous en avons profité pour interroger le président de la grande région sur les enjeux agricoles d'aujourd'hui et demain.

France 3 Limousin : Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, 1ère région agricole de France, il fallait être bien présent au salon ?
Alain Rousset : Je suis à moitié issu du monde paysan, je n'allais pas louper cette démonstration de force à Paris. 
 
François Hollande, accueilli sous les huées samedi, a dénoncé les pratiques de la grande distribution. Quelles sont vos marges de manoeuvres pour obtenir des prix plus rémunérateurs aux agriculteurs ?

Je dois d'abord dire que les médias ont surjoué ce qui s'est passé samedi avec François Hollande. La grande distribution c'est "Massacre à la tronçonneuse" pour tout le monde. Pourquoi pas imposer des règles par la loi. Il faut instaurer un rapport de force. Tant que l'agriculture restera scotchée avec les hypers,  les chaînes, tant que l'on considèrera que c'est là l'avenir agricole, on se plantera.

Le président de la chambre régionale d'agriculture grande région, Dominique Graciet, a déclaré qu'il manquait 14 millions d'euros au budget agricole Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. L'argent, c'est le nerf de la guerre ?
Il ne faut pas que l'on raisonne en terme d'argent public mais en terme d'innovation. J'ai vu en Creuse des élevages extraordinaires mélant autonomie alimentaire des bêtes, élevage, commercialisation, il faut prendre les meilleurs exemples et les appliquer. Il y a aussi des marchés à développer, je pense notamment aux lycées de la grande région, le conseil régional doit être leader dans ce modèle là.

L'avenir de l'agriculture en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, vous le voyez comment ?
Plutôt bien... Il faut structurer toute chaîne, opérer une transformation autour de l'innovation, de la qualité et pas autour de la surproduction. Si on continue sur ce modèle, on se fera toujours battre par les allemands, les bresiliens, les mexicains. Il faut innover.