L'Union Bordeaux-Bègles ne sera pas championne de France cette saison et s'interroge sur son avenir

Le président de l'UBB Laurent Marti s'inquiète pour l'avenir de son club / © Maxppp
Le président de l'UBB Laurent Marti s'inquiète pour l'avenir de son club / © Maxppp

Les présidents du Top 14 et Pro D2 ont acté mercredi le fait qu'il n'y aura pas de champion de France cette saison. Le club girondin, largement en tête au moment de l'arrêt de la saison, ne saura jamais s'il aurait pu aller au bout. Son prochain défi est financier. 

Par Nicolas Morin

Joueurs, staff, dirigeants, ils pourrront éventuellement se consoler en accrochant au mur de leur salle commune au centre d'entraînement le classement, figé pour l'éternité.
Peut-être pas tout de suite mais dans quelques semaines, lorsqu'ils reprendront l'entraînement à Bègles.
Après dix-sept journées de Top 14, Bordeaux-Bègles était en tête avec une avance sur ses poursuivants (huit points sur Lyon et quinze sur le Racing) jamais atteinte à ce stade du championnat.
Même si cela ne rapportera rien à l'arrivée alors que l'objectif était de soulever le Bouclier de Brennus au Stade de France fin juin.

Pas de champion


Cette saison, pour la première fois depuis 1942 en pleine deuxième guerre mondiale, le titre de champion de France ne sera pas décerné. 
Les présidents des clubs de Top 14, comme de Pro D2 pour l'antichambre de l'élite, en ont décidé ainsi. La Ligue doit désormais entériner ce vote lors de son comité directeur mais elle ne s'y opposera pas. 
Contrairement au football, où le PSG a été sacré à dix journées de la fin, le rugby a dit non, à cause des phases finales, où la première place de la saison régulière n'offre pas de garanties de sacre.

L'UBB est-elle maudite?


Par rapport à la crise sanitaire que traverse le pays, le rugby est bien peu de choses. 
Et au club, personne ne confond les priorités. 
Mais le sort s'acharne sur Bordeaux-Bègles.
La saison où il domine de la tête et des épaules le Top 14, avec pour la première fois de son histoire une qualification quasi assurée pour les phases finales, le crash est venu de là où personne ne l'attendait. 

On est frustrés.

" C'est un truc inédit, incroyable qui tombe mal. Ce n'est pas de chance", a confié Jean-Baptiste Dubié à l'AFP. 

Partie remise sur le terrain


Mais tout le travail effectué par Christophe Urios, son staff et le groupe n'aura évidemment pas servi à rien. Cet été, il n'y aura pas de collectif à reconstruire, malgré les départs de quelques individualités marquantes comme Semi Radradra, qui a signé à Bristol (il sera remplacé par le Néo-Zélandais Ben Lam).
Le collectif est au point, l'état d'esprit également et l'équipe possède encore une marge de progression importante. 
La saison prochaine, le dernier club néo-aquitain champion de France (1991) fera encore partie des favoris pour le titre.

Le difficile combat des finances



Mais avec quel budget? Aujourd'hui, Laurent Marti est dans le flou comme tous ses collègues. L'impact de l'arrêt du championnat est un coup terrible pour les finances des clubs qui ne reposent pas sur l'argent d'un mécène. 
L'économie de l'UBB est basée sur son impact populaire: 80 % de ses recettes sont liées aux matchs : guichets, buvettes, sponsoring... 
Seuls 20 % proviennent des droits TV.
Avec 25 000 supporteurs, le club girondin possède la meilleure affluence d'Europe.
L'arrêt prématuré de la saison est un placage très dur pour les finances, de l'ordre de plusieurs millions. 

Un effort collectif


À Bordeaux-Bègles, les joueurs et le staff technique sont au chômage partiel. 
Comme dans tous les clubs, des négociations vont être engagées sur une baisse durable des salaires. Il en va de la pérennité fînancière des clubs, confrontés à une obligation de diminution des charges.
Interviewé par l'Agence France Presse, Laurent Marti a brossé un tableau de la situation inquiétant :

S'il n'y a pas un effort collectif, les clubs vont mourir.

"J'attends qu'on ait une vision plus claire de quand on rejoue, savoir comment les partenaires vont nous suivre, est-ce-que l'Etat va nous aider, avant d'aller voir les joueurs à loivre ouvert et leur dire : voilà les gars où on en est, voilà l'effort qu'il faut que vous fassiez sinon le club pourrait disparaître". 

L'hypothèse d'une éventuelle reprise du championnat à huis clos en septembre lui donne déjà des sueurs froides. " Ce serait terrible car l'économie du rugby ne le supporterait pas. On ne tiendrait pas malgré une baisse des salaires des joueurs". 








 

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