COVID 19 : plus de confort pour les patients du CHU de Poitiers grâce à l'oxygénothérapie

Beaucoup de progrès ont été faits dans les services de réanimation depuis un an de crise sanitaire. Testée au CHU de Poitiers, l'oxygénothérapie à haut débit s'est généralisée partout en France.

Au CHU de Poitiers, l'oxygénothérapie apporte plus de confort aux patients et évite, souvent, une intubation douloureuse.
Au CHU de Poitiers, l'oxygénothérapie apporte plus de confort aux patients et évite, souvent, une intubation douloureuse. © F.Vétault-France Télévisions

"Ce que je ressens, c’est que ça commence à être un réel bien-être" : atteint par la Covid-19 et hospitalisé depuis dix jours, Bernard ne semble pas souffrir sur son lit d'hôpital. Il y a un an, au début de la crise sanitaire, il y a de fortes chances que les soignants du service de réanimation auraient décidé de l'anesthésier et de l'intuber pour l'aider à respirer. Il en a d'ailleurs déjà fait l'expérience par le passé suite à un problème respiratoire. "C’est impressionnant", confirme-t-il, "au départ, ça brûle un tout petit peu, mais après ça disparaît et on est bien".

Pour éviter l'intubation, Bernard reçoit cinquante litres d'oxygène par minute via ses lunettes nasales.
Pour éviter l'intubation, Bernard reçoit cinquante litres d'oxygène par minute via ses lunettes nasales. © F.Vétault-France Télévisions

Éviter l'intubation

Dans le service du docteur Arnaud Thille, on avait commencé à tester cette oxygénothérapie à haut débit depuis 2015. Grâce à ce système, les patients reçoivent cinquante litres par minute d'un mélange gazeux à base d'oxygène humidifié et réchauffé à 37 degrés. "Ce n’est pas un remède miracle, mais cela permet dans un certain nombre de cas d’éviter l’intubation", explique le chef du service réanimation, "un des objectifs, c’est que le patient soit confortable et puisse tolérer ces hautes quantités de gaz et d’oxygène et ainsi éviter de passer à l’étape ultérieure qui est d’être intubé avec le respirateur".

Tout le monde garde en mémoire ces images de patients luttant contre le virus et couchés sur le ventre. Tout le monde comprend bien l'intérêt d'éviter à tout prix cette ultime étape dans le protocole imposé par la maladie. Au CHU de Poitiers, on avait commencé à utiliser cette technique bien avant la pandémie pour traiter des patients atteints d'insuffisance respiratoire aigüe. 

Le docteur Arnaud Thille, chef du service réanimation du CHU de Poitiers.
Le docteur Arnaud Thille, chef du service réanimation du CHU de Poitiers. © F.Vétault-France Télévisions

Améliorer le confort des patients

Quand la Covid-19 a envahi les lits de réanimation, c'est tout naturellement que l'oxygénothérapie a, malgré quelques réticences initiales, fait son apparition dans les services de l'hôpital de Poitiers. "Les gens avaient un petit peu peur au début, en mars 2020, en imaginant que, puisqu’il y a de très hauts débits qui arrivent dans le nez du patient, cela puisse augmenter la dispersion du virus et favoriser les contaminations", déclare le docteur Thille, "le système avait donc été très peu utilisé, mais rapidement on s’est rendu compte que la dispersion du virus n’était pas plus importante et qu’au contraire ça améliorait l’oxygénation dans beaucoup de cas. C’est maintenant largement utilisé par la majorité des équipes en France".

Une étude initiée dès 2015 par le CHU montre une diminution très sensible de la mortalité grâce à ce système dans les cas de détresse respiratoire. Seulement 35% des patients finissaient par être intubés après cette technique contre 50% après une oxygénation classique. Un système qui, au quoitidien, améliore de toute évidence le confort de patients comme Bernard. "L’avantage majeur, c’est que le gaz est délivré via de simples lunettes nasales, ce qui permet au patient de parler, d’être plus confortable, de ne pas avoir son masque, de pouvoir, boire, s’alimenter, parler plus confortablement et d’améliorer son confort sur des longues durées", témoigne Arnaud Thille.

Dans la pratique tous les hopitaux utilisent désormais l'oxygène à haut débit. Une nouvelle étude coordonnée par le CHU de Poitiers est lancée pour prouver par les chiffres son efficacité pour lutter contre la Covid-19.

 

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