Les salariés en grève de la Nouvelle République du Centre-Ouest et de Centre-Presse étaient réunis ce mercredi 23 novembre 2022, devant le siège du groupe de presse à Poitiers. C'est leur troisième jour consécutif de mobilisation pour la revalorisation de leur salaire face à l'inflation.
Ce mercredi 23 novembre, la Nouvelle République (NR) du Centre-Ouest et le quotidien de la Vienne Centre-Presse, n'étaient pas distribués. En cause, la grève des ouvriers des impressions décidée mardi soir, en écho de celle de leurs collègues des rédactions, mobilisés, eux, depuis lundi 21 novembre dans cinq départements (Vienne, Deux-Sèvres, Loir-et-Cher, Indre, Indre-et-Loire).
Tous revendiquent une revalorisation des salaires face à l'inflation. "On souhaite que la direction revienne à la table de la négociation en étant prête à décider de mesures pérennes, explique Laurent Favreuille, rédacteur à la NR à Poitiers et délégué syndical à la SNJ-CGT. "La première demande était une revalorisation de 6% (des salaires, ndlr). On savait qu’il n’y aurait pas les 6% mais de là à ce qu’il y ait 0% proposé par la direction, il y a un écart. Donc on demande à reprendre cette discussion pour arriver à au moins un geste en faveur des salariés."
En France, selon la grille des salaires des journalistes de la presse quotidienne régionale, un rédacteur en sortie d'école perçoit un salaire de 1627,19 euros brut par mois. Lors de sa première année de titularisation il touche 1969, 75 euros brut mensuel.
Plutôt d’investir toujours sur le matériel, on pense que la direction devrait investir sur le côté humain. S’il n’y a pas les humains, les journalistes, les assistants de rédaction, les ouvriers pour faire tourner le journal on a beau avoir la plus belle Ferrari s’il n’y a pas de pilotes dedans ça ne fonctionnera pas.
Laurent Favreuille, rédacteur à la NR de Poitiers et délégué syndical à la SNJ-CGTFrance 3 Poitou-Charentes
La grève la plus longue depuis 2010
A Poitiers, sur les 18 salariés du groupe la NR du Centre-Ouest, en CDI, 15 sont en grève. Elle est la plus longue depuis 2010, selon le délégué syndical SNJ-CGT : "Tant que le directoire n’accepte pas de revenir (à la négociation, ndlr), on va proposer à l’AG de reconduire la grève. Un quatrième jour, ça devient lourd pour les uns et les autres. Cela va faire un cinquième du salaire."
Cette mobilisation s'est décidée après la proposition de la direction de verser une enveloppe de 100 000 euros aux plus bas salaires : 136 salariés concernés sur les 430 et 40 journalistes sur les 180. "C'est comme si 140 journalistes avaient travaillé pour rien pendant un an", explique Philippe Bonnet, délégué syndical du SNJ et reporter à Poitiers. Pour lui, la mobilisation n'est pas prête à s'arrêter : "On attend un signe."
Un signe, peut être celui envoyé en fin de journée par la direction ? Une visioconférence a été proposée aux salariés à 18 heures ce mercredi. La rédaction a finalement décider de poursuivre la grève.
Les ouvriers des imprimeries, se réunissent, eux, en AG mercredi soir. Ils ont décidé de reprendre le travail après qu'une prime leur a été accordée.