Ingrandes-sur-Vienne : le calendrier se resserre pour les Fonderies

© France 3 Poitou-Charentes
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La journée est importante et peut-être décisive pour les salariés des Fonderies du Poitou d'Ingrandes-sur-Vienne, en redressement judiciaire. Les syndicats sont reçus, ce lundi, en même temps qu'un représentant de Renault au ministère de l'Economie. 

Par Christine Hinckel

Actualisé à 17h
Les rendez-vous de ce lundi à Bercy entre les syndicats et le responsable fournisseurs de Renault devaient rassurer les salariés des Fonderies. Ce n'est pas vraiment le cas, ces derniers estiment que les propositions avancées par Renault, le principal et quasi unique client des deux sites, sont insuffisantes.
Le constructeur français a proposé de garantir une production de 600.000 culasses sur 3-4 ans. C'est insuffisant, rétorque les syndicats car le seuil de rentabilité actuel des fonderies est de 800.000 culasses par an. 

"Nous avons besoin d'un volume de culasses commandées par Renault plus important pour garantir l'emploi dans les 2 ou 3 ans qui viennent" affirme Jean-Philippe Juin, délégué CGT des Fonderies.

Autre sujet d'inquiétude, le répit de 4 à 5 ans demandé par le groupe Liberty House, candidat à la reprise, avant de pouvoir mener à bien la nécessaire diversification de la production. Renault a fait savoir clairement que ce délai est trop long.

Ce soir à 20h, une assemblée générale des salariés (Fonte et Alu) est prévue à Ingrandes après les rendez-vous du jour à Bercy.


Le calendrier se resserre.

Le temps presse désormais pour sauver les Fonderies. La date limite de dépôt des dossiers pour la reprise est fixée au 28 février. Les échéances pour les deux sites ont été regroupées, confortant le scénario d'une reprise commune des deux usines.
Le tribunal de commerce de Lyon doit se prononcer le 19 mars sur l'avenir de St-Jean Industries alors que l'audience du tribunal de commerce de Poitiers est fixée au 21 mars pour la Fonderie Fonte.

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Les représentants des salariés des deux entités des Fonderies Fonte et Aluminium ont été reçus au ministère après la manifestation de vendredi dernier devant l'usine Renault du Mans. Plus de 300 employés s'étaient déplacés dans la Sarthe pour exiger des engagements du constructeur automobile, principal client des Fonderies, et de l’Etat.
Les salariés souhaitent que Renault s'engage sur un volume suffisant de commandes permettant la reprise des deux usines, confrontées à un important problème de diversification et de renouvellement.
L'administrateur judiciaire en charge du dossier de la Fonderie du Poitou Fonte a lui aussi rendez-vous ce lundi avec Renault.


Tout le Châtelleraudais s'inquiète

La question de la survie ou pas des Fonderies Fonte et Alu est aujourd'hui clairement posée alors qu'elles figurent parmi les principaux employeurs du bassin châtelleraudais.
La Fonderie Fonte a été placée en redressement judiciaire au début du mois de février alors que l'usine voisine, St-Jean Industries (ex-Fonderie Alu) est dans la même situation depuis novembre dernier. Les deux sites du sous-traitant automobile, fabriquent des pièces de moteurs pour l'automobile et dépandent entièrement de la stratégie de Renault, leur principal donneur d'ordre. Elus, habitants et commerçants du Châtelleraudais, tous redoutent une fermeture des deux usines qui font travailler plus de 700 personnes et touchent des milliers d'emplois indirects.


Vers une reprise commune ?

A l'heure actuelle, un seul repreneur s'est manifesté, le groupe anglais Liberty House, une filiale de la compagnie GFC Alliance. Il s'est positionné pour la reprise de St-Jean Industries mais pourrait être intéressé par une reprise globale des deux sites. Son directeur général Europe Philippe Baudon a indiqué qu'une reprise globale des deux sites n'est pas à exclure. 

L'offre initiale du groupe anglais fait état d'un tiers de suppression de postes sur les 350 actuels de St-Jean Industries et d'un investissement entre 4 et 5 millions d'euros.







 

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