Florence Jardin : "le théâtre auditorium de Poitiers ne doit plus être occupé la nuit"

L'occupation nocturne du Théâtre auditorium de Poitiers ne peut plus se poursuivre en raison d'une faille dans le système de sécurité d'extraction de fumée. Ce problème, connu de longue date, a été à nouveau soulevé par les services de secours et d'incendie à la suite d'une visite de sécurité. 

Des personnes occupant le TAP étaient rassemblées lundi 25 avril autour d'un déjeuner.
Des personnes occupant le TAP étaient rassemblées lundi 25 avril autour d'un déjeuner. © Clément Massé - France Télévisions

Les occupantes et occupants du Théâtre auditorium de Poitiers (TAP) vont-ils être contraints de quitter les lieux dès ce soir ? A la suite d'une rencontre ce mardi avec le collectif, Léonore Moncond'Huy, maire de Poitiers, et Florence Jardin, présidente de Grand Poitiers, annoncent dans un communiqué que "le TAP ne doit plus être occupé la nuit".

En cause, une faille connue de longue date du système d'extraction des fumées du TAP.

Quatre occupant.es du TAP ont rencontré madame la maire aujourd'hui qui leur a demandé de contacter la préfecture cette...

Publiée par Occupation TAP - Théâtre Au Peuple sur Mardi 27 avril 2021

La raison de cette demande ? Une visite des services d'incendie et de secours le 6 avril dernier. Au cours de l'inspection, cette défaillance du système d'extraction des fumées a été à nouveau soulevée. Les services de secours la jugent incompatible avec une présence nocturne sur le site.

"La préfecture nous incite à faire évoluer la situation", expliquait dès lundi Charles Reverchon-Billot, 10ème adjoint à la mairie de Poitiers, délégué aux droits culturels.

Or, depuis le 15 mars dernier, le mouvement des occupants (intermittents, travailleurs en emploi discontinu...) se déploie de jour comme de nuit dans une partie des locaux de TAP. Une petite quinzaine de personnes occupent les lieux la nuit, "dans le respect des règles sanitaires", expliquent les occupants. 

D'autres pistes d'occupation sont donc depuis étudiées pour permettre au mouvement de se poursuivre. La mairie et Grand Poitiers indiquent qu'une "occupation des lieux le jour, jusqu'à la réouverture des lieux culturels, pourrait éventuellement être tolérée." Mais, ce soir, la mairie, qui pourtant soutient le mouvement, annonce que "chacun doit désormais prendre ses responsabilités".

Sept semaines d'une occupation festive

En près de sept semaines, le mouvement qui a essaimé dans les théâtres partout en France, a su diffuser ses revendications. Tout d'abord concentré sur celles du secteur culturel, en grande partie à l'arrêt depuis le premier confinement, il s'est ouvert aux revendications des personnes en emploi discontinu, au chômage ou en fin de droit.

"Le mouvement va effectivement désormais au-delà du secteur culturel", explique Jonathan Joly, musicien et membre du collectif "Occupation TAP - Théâtre au peuple". "En période sanitaire difficile, nous revendiquons le droit de prendre soin des uns et des autres."

Les artistes et les techniciens mobilisés dans le collectif se sont ainsi emparés de leurs talents pour les unir dans des actions de plus en plus visibles sur la place publique. Dimanche 25 avril, par exemple, des clowns ont mené une action au marché des Couronneries. Lors des vendredis dits de la colère, le collectif, très en voix, renouvelle ses interventions devant les locaux de Pôle Emploi pour demander, en chanson, le retrait de la réforme de l'assurance chômage (abroagation des décrets du 31 mars 2021).

Le 2 avril dernier, le collectif entonne le chant chilien "El pueblo unido" ("Le peuple uni") sous les fenêtres de Pôle Emploi, devant le parvis de la gare SNCF, face aux caméras de la BBC. Le mouvement en faveur de la culture est désormais suivi à l'étranger. 

La prestation du jour détonne et alpague les passants, surpris par la qualité de la performance. L'espace d'un instant, un air de comédie musicale tout droit sorti d'un film de Jacques Demy a flotté sur le parvis de la gare de Poitiers. Toute la force du collectif a semblé résider dans cet instant saisissant.

 

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