Pas de repreneur pour la Fonderie du Poitou alu d'Ingrandes-sur-Vienne

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Écrit par Morgane Jacob, Jean Poustis avec AFP
Les salariés de la fonderie du Poitou en grève devant leur usine d'Ingrandes-sur-Vienne, le 11 janvier 2022
Les salariés de la fonderie du Poitou en grève devant leur usine d'Ingrandes-sur-Vienne, le 11 janvier 2022 © © Jean Poustis - France Télévisions

Ce mardi matin, le CSE extraordinaire qui s'est tenu à Ingrandes-sur-Vienne, dans la Vienne, pour déterminer l'avenir de la Fonderie du Poitou alu, placée en redressement judiciaire, n'a pas permis de voir émerger de repreneur. Les 320 salariés du site sont en grève depuis ce lundi soir. Le site de sous-traitance automobile dispose d'un délai de 15 jours avant sa possible liquidation judiciaire.

À la sortie du CSE extraordinaire convoqué ce mardi matin, les nouvelles ne sont pas bonnes. Les discussions engagées entre l'administrateur judiciaire et trois repreneurs potentiels, dont le fondeur chinois Huanxang, n’ont pas été concluantes pour poursuivre l’activité du site, placé en redressement judiciaire en avril 2021. En revanche, l’administrateur judiciaire a accordé un délai de 15 jours à la Fonderie du Poitou alu pour éviter la liquidation judiciaire. 

Depuis que je suis là, on a toujours fait gagner de l'argent aux actionnaires et là le couperet tombe.

James Brard, salarié depuis 35 ans

Les salariés sortent abattus de cette réunion, et ils demandent désormais qu’une table ronde soit organisée dans les quinze prochains jours avec l’État et l’entreprise Renault pour trouver une solution, d’autant que d’après Jean-Philippe Juin, délégué CGT de la fonderie alu, "Renault nous a dit : 'On a besoin des culasses produites par la fonderie'." 

Dans son dernier communiqué, l'intersyndicale CGT / CFE-CGC affirme que selon les administrateurs judiciaires, "Renault n'a pas prévu la fermeture de la fonderie du Poitou alu puisqu'ils ont programmé la fabrication de la culasse HR10 sur le site jusqu'en 2025", et les syndicats demandent à ce "que le gouvernement s'engage, par une mise sous tutelle du site, le temps de la reconversion vers les pièces pour moteurs électriques (sous 2 à 3 ans)."

"On n'a pas envie que ça soit un nouveau gâchis industriel ici.

Jean-Philippe Juin, délégué CGT de la fonderie alu

De nombreux salariés étaient venus accompagner leurs représentants de l'intersyndicale CGT / CFE-CGC, et Jean-Philippe Juin avait fait part de son inquiétude à Jean Poustis, notre journaliste sur place : "On est un peu tendus avant cette réunion... On n'a pas envie que ça soit un nouveau gâchis industriel ici."

Hier soir à 22 heures, les employés de la fonderie alu se sont mis en grève dès l'arrivée de l'équipe de nuit. En attendant une possible rencontre avec l'État et l'entreprise Renault, les salariés ont voté le blocage total du magasin expédition.

Quarante ans d'histoire

La fonderie aluminium est une filiale du groupe Alvance, de l'Indo-Britannique Sanjeev Gupta, et elle emploie 320 salariés, dont 285 en CDI. La CGT a confié à l'AFP que d'après le cabinet de consultants Roland Berger, "le site a "une capacité de retournement" s'il se reconvertit des voitures thermiques vers les électriques et hybrides"

Créées il y a plus de 40 ans, les fonderies du Poitou ont longtemps fait figure de site industriel phare dans le Poitou. Ces deux usines de fonte et d'aluminium ont été implantées sur le territoire de Châtellerault à l'initiative de René Monory, ministre de l'Industrie et président du conseil général de la Vienne à l'époque, afin de produire des culasses et des carters pour les véhicules de la marque Renault.

L'usine de fonte, elle aussi placée en redressement judiciaire en 2021, a déjà fermé ses portes en juillet dernier, faute de repreneur, et les fondeurs alu espèrent encore connaître un autre destin.

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