Poitiers. Les disquaires font de la résistance

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Écrit par Christina Chiron avec François Bombard

A l'heure du numérique, rencontre avec les disquaires de Poitiers. Entre nostalgie pour cet objet vintage et passion pour la musique, la ville abrite quatre indépendants qui font vivre les supports physiques.

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En 1988, Jean-Claude Bertrand ouvre les portes de son magasin en plein centre de Poitiers. Aujourd'hui, le lieu abrite 15.000 références d'artistes d'hier et d'aujourd'hui. Forcément, ceraines chansons sont des madeleines de Proust. Comme "Mr Tambourine Man". La voix de Bob Dylan résonne dans la boutique ce jour-là. "C'est un morceau qui m'a profondément marqué quand j'étais adolescent". 

En trois décennies, celui qui est devenu le plus ancien disquaire de Poitiers a su conserver des clients fidèles, comme Claude. Il a été le premier à fréquenter l'endroit. Depuis, même s'il commande souvent sur internet, il revient régulièrement.

J'adore l'objet, les textes des chansons, les musiciens. Si on m'enlève l'objet, on m'enlève 50 % de mon plaisir.
Claude, client du magasin "Les mondes du disque"

Ici, au-delà de l'ambiance, les amateurs trouvent des vinyles, des CD et même encore quelques K7. De la country au rock, en passant par la chanson française et le jazz.

Le nom générique de ma boutique, "Les mondes du disque", il n'est pas choisi n'importe comment. Moi j'ai le plaisir de l'accueil de gens qui aiment.  
Jean-Claude Bertrand, gérant des "Mondes du disque" à Poitiers

Quatres indé à Poitiers

Profitant d'une certaine culture rock, Poitiers a toujours abrité des disquaires. Aujourd'hui encore, peu de villes françaises peuvent s'enorgueillir d'en posséder autant, avec quatre indépendants installés. Le dernier en date à avoir ouvert ses portes s'appelle Charivari.  "Je préconise les groupes australiens souvent", glisse Jérôme Thiré, le gérant, à l'une de ses jeunes clientes. Sur quelques mètres carrés, Jérôme a ouvert son échoppe en mai 2019.

J'essaie de cibler ce que la personne écoute, essayer de s'en rapprocher un maximum, et puis surprendre.
Jérôme Thiré, gérant du magasin "Charivari" à Poitiers

Ici, des CD d'occasions, et des vinyles neufs. Loin des grandes majors, les labels indépendants sont à l'honneur. De quoi accrocher l'oreille et surprendre les curieux.

J'aime bien aussi aller dans ces magasins, chercher et tomber sur la chose sur laquelle t'avait pas prévu de tomber et avoir de bonnes surprises.
- Florian, amateur de musique

La bonne santé du vinyle

En France, les ventes physiques chutent depuis plusieurs années. En 2018, elles s'élevaient à 256 millions d'euros, bien loin du milliard et demi d'euros de 2002. La même année, les ventes numériques dépassaient les ventes physiques.

Quant aux ventes des disquaires indépendants, elle captent seulement 7 % du marché selon le Ministère de la Culture. Acteurs incontournables de la diversité musicale, les disquaires n'ont pas de quoi rougir pour autant. Le vinyle se porte bien ces dernières années. Selon le Syndicat national de l’édition phonographique, en 2018, une vente physique sur cinq en musique est un vinyle. Il s’en est vendu quatre millions cette année-là en France, contre moins de un million il y a cinq ans.