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Poitiers : un rassemblement en hommage à Sarah tuée à Maillé par son ancien compagnon

Un hommage était rendu ce dimanche à Sarah, tuée cette semaine par son ex-compagnon. / © José Sousa/France Télévisions
Un hommage était rendu ce dimanche à Sarah, tuée cette semaine par son ex-compagnon. / © José Sousa/France Télévisions

Un rassemblement en hommage à la jeune femme tuée cette semaine à Maillé par son ancien compagnon et dire stop au féminicide était organisé ce matin à Poitiers, à l'initiative de plusieurs associations de défense des droits des femmes et des proches de la victime.

Par Christine Hinckel avec AFP

Une centaine de personnes s'est retrouvée ce matin à 10h au marché des Couronneries à Poitiers pour rendre hommage à Sarah. Alain Claeys, le maire de poitiers, était présent aux côtés des représentantes des associations de défense des droits des femmes et des proches de la jeune femme, tuée le jour de ses trente ans.
Stop aux féminicides, mot d'ordre de ce rassemblement. / © josé Sousa/ France Télévisions
Stop aux féminicides, mot d'ordre de ce rassemblement. / © josé Sousa/ France Télévisions


"Que chaque plainte soit prise en compte"

De la tristesse mais aussi de l'inquiétude et de la colère ce matin lors de ce rassemblement pour demander plus de moyens pour la lutte contre les violences faites aux femmes. En effet, comme beaucoup de femmes victimes de leur compagnon ou ex-compagnon, Sarah avait porté plainte et avait fait part de sa peur d'être agressée à la justice.

"On est là pour dire qu'il va falloir que la justice change en France et qu'il va falloir trouver des solutions pour que ces femmes soient mises à l'abri. Je ressens beaucoup de tristesse et de colère parce que les plaintes ont été déposées et rien à bouger" témoigne l'ancienne belle-sœur de Sarah.
 

Interview d'une amie d'enfance et de l'ancienne belle-soeur de Sarah
Interview réalisé par france 3 Poitou-Charentes


Un message, partagé par les associations féministes présentes ce matin. A la veille du "Grenelle des violences conjuguales", organisé par le gouvernement, elles demandent plus de moyens financiers, un soutien institutionnel et une véritable écoute des associations présentes sur le terrain de la part de l'Etat et surtout des femmes qui s'estiment menacées. 

"Il y a un arsenal de lois qui existe, il faut que chaque plainte soit prise en considération pour ne plus se retrouver dans la situation de Sarah qui a porté plainte contre quelqu'un de violent et récidiviste et où il n'y a rien eu de pris en compte." s'insurge Eloïse Morel du Collectif du 8 mars de Poitiers.

Interview d' Eloïse Morel du Collectif du 8 mars de Poitiers
Interview réalisé par France 3 Poitou-Charentes


Tuée d'un coup de fusil dans le thorax

Sarah Vedel, tout juste âgée de 30 ans et mère de trois enfants, a été tuée d'un coup de feu dans la nuit de mardi à mercredi à son domicile de Maillé où elle venait juste d'emménager par son ancien compagnon. Elle est décédée devant chez elle alors qu'elle était sortie pour chercher quelque chose dans sa voiture. Le décès a été provoqué par une hémorragie massive suite à un unique coup de feu tiré dans le thorax, près du cœur.
L'ex-compagnon, âgé de 38 ans et habitant à Latillé, a reconnu avoir tiré sur elle après avoir nié les faits mais il affirme "qu'il ne voulait pas la tuer" mais seulement "l'intimider" et "que le coup serait parti tout seul". Une version que "les éléments du dossier tendent fortement à contredire" a assuré Michel Garrandaux,  le procureur de la République de Poitiers.


Sarah se sentait en danger

Sarah se sentait menacée par cet homme qui est le père de son troisième enfant. Elle avait déposé une plainte pour "faits de menaces et de harcèlement" à la gendarmerie de Parthenay près de Vasles, où elle travaillait dans un bar. L'ancien jockey de 38 ans avait été placé en garde à vue à la suite de cette plainte, instruite à Niort.  
En parallèle, la jeune femme avait dénoncé les mêmes faits dans un courrier adressé au parquet de Poitiers.
Sarah V. n'entrait toutefois pas dans le dispositif préventif "Téléphone grave danger", qui vise à protéger les victimes de violences conjugales ou de viol, a précisé le procureur de Poitiers.

Le suspect, aujourd'hui incarcéré à la prison de Vivonne, avait déjà été condamné en 2011, peine confirmée en appel en 2012, pour des violences sur une femme qui venait de le quitter.

Le meurtre de Sarah est le 99ème féminicide en france depuis le début de l'année. En 2018, 121 femmes ont été tuées en France par leur compagnon ou ex-compagnon, soit une tous les trois jours, selon le ministère de l'Intérieur.
Un 100ème féminicide a été enregistré ce week-end en france par le collectif #NousToutes. Une jeune femme de 21 ans a été tuée dans les Alpes-Maritimes.


Un Grenelle et après ? 

La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, a promis que le "Grenelle des violences conjugales", qui doit durer du 3 septembre au 25 novembre "va donner lieu à un engagement du Premier ministre et à des annonces très fortes". Pour leur part, certaines associations féministes n'attendent pas grand chose de cette initiative et réclament avant tout une augmentation significative des moyens dévolus à la lutte contre les violences faites aux femmes.




    
  
    
  
 

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