Coronavirus. Le voyage en Indonésie d'un couple de Poitiers tourne au cauchemar

Menana et Samuel Herault / © Menana et Samuel Herault
Menana et Samuel Herault / © Menana et Samuel Herault

Le voyage d'un couple de Poitiers parti une dizaine de jours à Bali a tourné au cauchemar lorsqu'il a voulu rentrer en France. Menana et Samuel Herault ont mis cinq jours pour trouver un vol. Ils témoignent de leur mésaventure et du sentiment d'abandon ressenti sur place.

Par Valérie Prétot

Le stress post-traumatique est toujours là, j'en fait encore des cauchemars,
Menana Herault

Deux jours après avoir atterri à Roissy, Menana et Samuel Herault sont encore traumatisés par le retour de leur voyage en Indonésie. Tout avait pourtant bien commencé lorsque le 3 mars, ils s'envolent pour Bali après avoir eu l'assurance qu'il n'y aurait pas de problème par rapport à l'épidémie de coronavirus.

J'ai téléphoné à Voyage privé mais aussi à Europe Assistance qui m'ont assuré qu'il n'y avait pas de pandémie et qu'il ne fallait pas écouter les médias.
- Mehana Herault, une poitevine de 47 ans.

Mais lorsque le couple se présente à l'aéroport de Bali le 16 mars pour l'enregistrement de son vol retour acheté via le tour opérateur Voyage Privé, on leur signifie que l'embarquement est impossible en raison d'une escale prévue à Singapour, le pays exige désormais une mise en quatorzaine pour transiter sur son territoire.

"J'ai le sentiment d'avoir été abandonnée"

Le couple fait alors appel à l'ambassade de France qui leur conseille de prendre un vol pour Djakarta. Sur place un reprèsentant de la délégation diplomatique leur conseille d'acheter un vol pour Zurich, billets en poche payés 2.700 euros pour deux, les Poitevins essuyent un nouveau refus lors de l'embarquement. Ce n'est que le 22 mars que ces entrepreneurs trouvent un vol retour entre Djakarta et à Paris, ils déboursent 5.000 euros pour deux billets. Au total le couple Herault affirme avoir dépenser 10.000 euros de billets d'avion pour rentrer en France.

Nous avions pourtant pris une assurance prémium avec Europe Assistance mais nous n'avons eu d'aide de quiconque, tout le monde se renvoyait la balle. Il n'y avait pas un avion de compagnie française sur place, les gens de l'ambassade ne nous ont pas aidé. Les voyagistes ont profité de cette crise pour faire monter les tarifs, je suis dégoûtée. On a le sentiment d'avoir été leurrée et abandonnée. Je me suis sentie en danger.
- Menana Herault

La famille Herault qui a une entreprise de maîtrise d'oeuvre dans le bâtiment tente de monter un dossier pour être remboursée des billets d'avion de voyages qu'elle n'a pas effectués en raison de la pandémie de coronavirus.

Je n'y crois pas trop, j'ai essayé de bloquer les paiements mais ce n'est pas possible, ni l'ambassade, ni le voyagiste ne nous ont apporté de l'aide sur place, chacun s'est débrouillé, il y avait de jeunes qui dormaient par terre dans l'aéroport car ils n'avaient plus assez d'argent,
- Menana Herault

La famille Herault a dû attendre cinq jours et payer 10.000 euros pour effectuer un retour en France depuis l'Indonésie. 
 
Ngurah Rai International Airport de Bali, Indonesia, le 24 mars 2020. / © MADE NAGI, MaxPPP
Ngurah Rai International Airport de Bali, Indonesia, le 24 mars 2020. / © MADE NAGI, MaxPPP
 

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