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Séville : la corrida de luxe tourne au désastre

© Signes du Toro
© Signes du Toro

Le lot de toros de Juan Pedro Domecq a été remarquablement homogène dans la nullité. Morante, le Juli  sont restés sans option. Seul Talavante a pu dessiner quelques séries...

Par Vincent Bourg

Séville, troisième et dernière corrida de la feria de San Miguel
Sept toros de Juan Pedro Domecq et Parladé (le 3ème bis de Juan Pedro), de 503 à 565 kilos.
Pour :
Morante de la Puebla, mauve et or, silence et silence.
Julián López El Juli, cardinal et or, silence et silence.
Alejandro Talavante, bleu roi et or, saluts aux tiers et silence
Et le dernier jour, l’arène fut pleine...

En discutant ce midi avec une amie sévillane, je me suis rendu compte que le troisième des péchés capitaux, la gourmandise, était remplacé en Espagne très catholique par un autre, proche mais très différent, la gloutonnerie (gula). Ainsi dans ce pays si délicat, être gourmand n’est pas un péché. Une raison de plus d’aimer ces parages.

Je réfléchissais donc en m’installant sur les tendidos à tout ce que je pourrais tirer de cette confrontation là, entre gloutonnerie et gourmandise, dans mon article du jour. Je me disais que si tout allait bien, Morante pourrait faire le gourmand, et le Juli, comme souvent, le glouton.
Mais patatras ! la piètre corrida que Juan Pedro Domecq avait enfermée pour ce qui s’annonçait comme le cartel royal de cette feria d’automne empêcha que tout couvert soit mis. Et il fallut aller plutôt chercher du côté du premier péché, le moins connu peut-être, l’acédie, pour rendre compte de l'ennui qui fut le notre…
Ce défaut particulier, qui se traduit par un mal de l’âme, une paresse pleine d’ennui et de dégoût, une torpeur spirituelle qui vous éloigne de la vie et de la prière, c’est certainement ce dont souffraient aujourd’hui les toros de la maison Domecq. Des toros qui se défendaient au lieu d’attaquer, à qui il fallait cinq ou six toques avant qu’ils daignent s’élancer sans jamais rompre. Un gâchis.

On mettra de côté les deux exemplaires qui échurent à Alejandro Talavante, qui sut avec beaucoup de décision et de fermeté tirer le maximum du petit fond de noblesse qu’il repéra dans le troisième bis (Juan Pedro) et le dernier de l’après-midi (Parladé), auxquels il servit deux faenas méritoires.

On notera aussi les très beaux tercios de cape par véroniques de Morante et du Juli à leur premier toro, et de Talavante à son second.

Le reste de l’après-midi, on assista au spectacle désolant de deux grands toreros – Juli et Morante – tentant vainement de donner vie à la statue immobile de bœufs infâmes.  

Bon, c’est pas tout, mais faut rentrer bosser…

Jean-Michel Mariou

 

Des fois, c'est pas pour dire, mais il vaut mieux saluer avant que la corrida ne commence... / ©
Des fois, c'est pas pour dire, mais il vaut mieux saluer avant que la corrida ne commence... / ©

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