Aveyron : mobilisation des agriculteurs pour conserver les aides financières et leur territoire dans la nouvelle PAC

A bord de leurs tracteurs, les agriculteurs aveyronnais ont traversé le viaduc de Millau ce mercredi. Une action menée à l’appel de la FDSEA et des JA. Objectif : mettre la pression sur les négociations en cours de la politique agricole commune afin de maintenir les aides financières.

Traversée des agriculteurs aveyronnais en tracteur  sur le Viaduc de Millau dans le cadre de la nouvelle négociations pour la nouvelle PAC.
Traversée des agriculteurs aveyronnais en tracteur sur le Viaduc de Millau dans le cadre de la nouvelle négociations pour la nouvelle PAC. © Paul-Etienne Zahn/FTV

L’image est symbolique, les agriculteurs aveyronnais ont traversé ce mercredi 17 février à bord de leur tracteur, le viaduc de Millau depuis le sud en direction de Paris. Une manière d’envoyer "un message fort" au ministère de l’agriculture dans le cadre des négociations de la politique agricole commune (PAC).

La future PAC est prévue pour 2023 et les négociations avec les états de la communauté européenne ont débuté. La PAC comprend des aides financières allouées aux agriculteurs. Des aides qui sont inclues dans leurs revenus dans le but de maintenir leur activité, une spécificité de production et une économie de territoire.

"Menace sur les aides couplées"

Selon les syndicats agricoles, des négociations sur la PAC sont effectivement en cours et il pourrait y avoir une remise en cause des aides couplées. Ces aides sont attribuées aux agriculteurs afin de compenser les pertes liées aux variations des coûts de production.

"Par exemple si un veau se vend aujourd’hui au même prix qu’il y a 20 ans. Les états membres par le biais de la PAC ont fait le choix de proposer aux agriculteurs des aides couplées, cela permet de compenser la non hausse de prix de nos animaux", explique Laurent Saint-Affre, président de la FDSEA de l’Aveyron.

Laurent Saint-Affre donne un autre exemple pour expliquer la nécessité de maintenir ces aides financières :" pour que les Français aient accès au steak haché, le prix est plafonné à 10 euros le kg par l'Etat alors que le producteur aurait dû le vendre 15 euros pour rentrer dans ses frais. C’est cette différence que la PAC avec les aides couplées compense".

Rassemblement des agriculteurs aveyronnais en tracteur au Viaduc de Millau dans le cadre de la nouvelle négociations pour la nouvelle PAC.
Rassemblement des agriculteurs aveyronnais en tracteur au Viaduc de Millau dans le cadre de la nouvelle négociations pour la nouvelle PAC. © Paul-Etienne Zahn/FTV

Préserver l’indemnité compensatoire de handicap naturel ( ICHN)

"Nous avons eu vent que le ministère de l’agriculture voulait revoir le mode de redistribution des aides données aux agriculteurs dont l’activité se pratique sur des zones difficiles, pentues, vallonnées, des aides structurelles à l’exploitation. Si ces aides disparaissent, c’est la survie des fermes qui est menacée, c’est tout un territoire qui est mis en péril. L’Aveyron, c’est 85 % d’herbage, avec des sols difficiles, si on enlève l’élevage on fragilise la biodiversité et l’équilibre naturel, c’est un non-sens!", rajoute Laurent Saint-Affre.

"En Aveyron, le territoire ne peut être valorisé que par la culture de l’herbage et il faut des animaux pour valoriser cette herbe, on n’ a pas d’autres choix, c’est un élevage de montagne, une spécificité de territoire. On a besoin de ces aides sinon il n’y aura plus d’animaux donc plus d’installation de jeune agriculteurs ; les fermes vont disparaitre et c’est tout notre territoire qui sera fragilisé mettant en péril toute une économie", explique Romain Déléris, président des Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron.

"Les grandes et moyennes surfaces ne respectent pas la règlementation"

Les agriculteurs sont la variable d’ajustement en matière de prix, les grandes et moyennes surfaces ne respectent pas la règlementation fixée par l’Etat, c'est un réél problème rajoute Laurent Saint-Affre, président de la FDSEA de l’Aveyron. "Depuis un an, les producteurs perdent entre 100 et 150 euros par veau, ils nous étranglent et pour le lait de vache c’est la même chose".

Enfin, le syndicat des JA de l’Aveyron veut alerter le gouvernement sur la disparité des aides.

"On s’aperçoit que des agriculteurs en fin de carrière continuent à toucher des aides en faisant de la vente d’herbe sur pied par exemple. Ils ne libèrent pas de foncier ce qui empêche l’installation de jeunes sur le territoire. Il faut donner des aides aux agriculteurs actifs et non pas aux propriétaires agricoles qui n'ont plus d'activité. Il y a un problème de définition du profil de l’actif agricole permettant d’être éligible aux aides de la PAC".

 

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