Aveyron : à Viviez, les salariés de la SAM bloquent leur usine et manifestent à Rodez

A Viviez (Aveyron), les salariés de la SAM, une société de fonderie qui fournit des pièces automobiles pour Renault, durcissent leur mouvement. Après la rétractation du seul repreneur de l'entreprise, placée en redressement judiciaire, ils ont voté pour un blocage total et illimité de leur usine.

Les salariés de la SAM (Société Aveyronnaise de Métallurgie) soutenus par plus de 300 personnes lors d'un récent rassemblement à Rodez. Une perspective d'avenir pourrait se profiler.
Les salariés de la SAM (Société Aveyronnaise de Métallurgie) soutenus par plus de 300 personnes lors d'un récent rassemblement à Rodez. Une perspective d'avenir pourrait se profiler. © Matthias Julliand/FTV

Depuis 5h ce matin du 15 avril 2021, plus aucune pièce ne sort de la SAM (Société Aveyronnaise de Metallurgie), une entreprise spécialisée dans la fabrication de composants pour l'industrie automobile. Les salariés paralysent totalement leur usine, pour une durée illimitée. Jusque là, le site n'était bloqué que partiellement, on continuait à y travailler. Mais lors d'un vote, hier après-midi, le personnel a décidé de durcir le mouvement.

365 personnes employées sur le site

Placée en redressement judiciaire en 2019, l'entreprise qui emploie 365 personnes dans le bassin de Decazeville, espérait un rachat par la société espagnole CIE Automotive. Mais ce repreneur potentiel, seul candidat, s'est rétracté la semaine dernière, anéantissant les espoirs des salariés. Renault, principal client de la SAM, aurait de son côté écarté certaines candidatures de reprise qui étaient sur la table.

 "L'exigeance que nous avons auprès de l'Etat et de Renault pour trouver un plan B après le retrait de CIE Automotive est tronquée", explique Ghislaine Gistau, représentante C.G.T de la SAM, à l'issue du vote dans la cour de l'usine. "D'après les échanges que nous avons eus avec les administrateurs, Renault ne souhaite pas voir un industriel "petit" ou même "moyen" proposer une reprise, il n'y aurait de la place que pour un "gros" repreneur. C'est une pseudo-recherche, on balade les salariés, c'est ce qui explique leur colère."

Sébastien Lallier, représentant CGT de la SAM confirme : "Gros, moyen, petit, la question aujourd'hui ne se pose pas. On peut avoir des repreneurs qui sont à 100% dans la fonderie automobile, mais on peut aussi envisager des industriels qui sont hors fonderie automobile."

C'est l'avenir de tout un territoire, c'est l'avenir d'hommes et de femmes qui se joue uniquement sur le bon vouloir d'industriels français, en l'occurrence Renault, qui a reçu 5 milliards d'aide publique. C'est totalement inacceptable. La colère est forte.

David Gistau, secrétaire départemental C.G.T

 

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Publiée par UD Cgt Aveyron sur Mercredi 14 avril 2021

Une rencontre en préfecture

Cet après-midi, entre 300 et 400 personnes ont manifesté devant la préfecture de Rodez. Syndicats et salariés souhaitent une rencontre avec les représentants de l'Etat, afin d'"exiger de trouver un repreneur crédible porteur d’un projet d’avenir garantissant la pérennité des emplois et de l’outil industriel", écrit l'union départementale de la CGT en Aveyron sur sa page Facebook.

 

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