Aveyron : les ex-salariés de la SAM occupent la gare de Rodez

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Écrit par Stéphanie Bousquet
200 salariés de la fonderie SAM de Viviez en Aveyron occupent ce mardi matin 4 janvier les voies en gare de Rodez.
200 salariés de la fonderie SAM de Viviez en Aveyron occupent ce mardi matin 4 janvier les voies en gare de Rodez. © FTV/ Corinne Lebrave

Les ex-salariés de la fonderie SAM à Viviez en Aveyron occupent ce mardi matin les voies en gare de Rodez. Ils bloquent le train Toulouse-Paris. Une action symbolique pour remettre le gouvernement sur des "rails" après leurs licenciements.

En ce début d'année 2022, la détermination des ex-salariés de la fonderie SAM à Viviez en Aveyron reste intacte. Ce mardi 4 janvier, environ 200 d'entre eux ont envahi les voies ce matin en gare de Rodez et ont bloqué le train Toulouse-Paris. Une action forte et symbolique pour remettre " Paris sur des rails" et pousser le gouvernement à reprendre les discussions.

En effet les 333 salariés de ce sous-traitant automobile ont été licenciés l'an dernier, faute de repreneur et après avoir été lâchés par Renault, leur unique client.

Nous occupons les voies pour remettre Paris sur les rails ! Pour que tous les décideurs reprennent les discussions. Pour le moment, nous n'avons que du mépris et de la provocation comme réponse. Nous n'avons plus aucun contact ni avec l'Etat, ni avec Renault.

David Gistau, représentant syndical CGT à la SAM.

 

Ces salariés veulent continuer de mettre la pression sur le gouvernement. " Pour le moment nous n'avons rien obtenu de concret. C'est du triple 0 ! poursuit David Gistau, délégué syndical CGT. On veut des mesures d'accompagnement dignes et un vrai projet d'industrialisation pour la SAM et pour tout le bassin de Decazeville".

Occupation de l'usine depuis 43 jours, y compris à Noël et au jour de l'An, concert, marche solidaire, les salariés de la SAM sont fortement mobilisés et multiplient les actions depuis des mois pour se faire entendre et sauver leurs emplois.

Reprise en 2017 par le groupe chinois Jinjiang, la SAM (société aveyronnaise de métallurgie) avait été placée en liquidation judiciaire en décembre 2019.  Son sort a été scellé le 26 novembre dernier, quand le tribunal de commerce de Toulouse a acté la cessation de son activité et sa liquidation après le refus de Renault de soutenir l'unique projet de reprise.

Mais même si leur usine a fermé à la fin de l'année dernière, les ex-salariés continuent leur combat. Ce lundi, le secrétaire national de la CGT, Philippe Martinez, soutien de la première heure, a exhorté les candidats à la présidentielle à se mobiliser pour le site aveyronnais qui, selon lui, a encore un avenir.

Nous sommes plus déterminés que jamais ! C'est un drame social. L'Etat doit prendre ses responsabilités dans ce dossier. Le président-candidat Emmanuel Macron a dit vouloir ré-industrialiser le pays, alors il faut qu'il passe à l'action. Il a encore les moyens de mettre ses discours en application !

David Gistau, élu CSE CGT à la SAM

Lundi, en assemblée générale, les salariés ont décidé d'organiser une grande manifestation à Paris le 12 janvier prochain devant le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie à Bercy. En novembre dernier, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait reconnu que la fermeture de la SAM était un "échec" mais il s'était engagé "à ne pas laisser tomber les salariés". 

Force est de constater que pour ces ouvriers métallurgistes le ministre n'a pas tenu ses promesses. Ils ont appelé cette prochaine mobilisation à Paris : " Les fondeurs montent rencontrer les fossoyeurs ".

 

 

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