PHOTOS. "Toute petite, elle voulait faire les JO" : le fulgurant parcours d'une jeune basketteuse recrutée en NBA, raconté par son ancien club

La basketteuse tricolore Leïla Lacan sera la première joueuse formée à Rodez (Aveyron) à évoluer en NBA féminine américaine, le saint du saint du basket. Retour sur les débuts à Rodez, puis à Baraqueville d'une joueuse travailleuse au comportement exemplaire. Toute petite, elle voulait faire les JO. Réponse dans quelques semaines.

Une lettre séparait Leïla Lacan formée au RBA (Rodez Basket Aveyron) des parquets de la NBA (National Basketball Association) américaine. Elle vient d'être draftée (recrutée) dès le premier tour en NBA par le Connecticut Sun, ce qui signifie indirectement qu'elle figure parmi les 12 meilleures basketteuses européennes. Leïla est classée N°10, juste derrière Carla Leite qui évolue à Tarbes. Retour sur ses débuts à Rodez avec son entraîneur et le président du RBA. 

Leïla la surclassée

Leïla Lacan est l’une des étoiles montantes du basket français. Née à Rodez, elle débute sur le parquet ruthénois chez les U7, sur les traces de sa grande sœur Mélissa. À 10 ans, elle joue avec les U13. Son entraîneur Frédéric Le Dall l'avait repérée. "Je la connaissais car on observe les catégories en dessous. Elle avait un an d’avance et elle était déjà très douée avec le ballon. On craignait qu’elle se fasse mal car à cet âge-là, il y a des gabarits importants. D'ailleurs, elle s'est cassé le bras ! On jouait au plus haut niveau régional et on voyait qu'elle n'avait pas peur."

Frédéric Le Dall est à la tête de la sélection Aveyron. Leïla en fait rapidement partie. Elle sera à Rodez des U7 jusqu'au U15. "Leïla est très travailleuse, elle veut apprendre tout le temps, déclare Xavier Alric le président du club Rodez Basket Aveyron. Elle a toujours un ballon à la main même si ses parents n'ont jamais fait de basket. Toute petite, elle disait qu'elle voulait faire les JO !"

En 2016, elle part à Baraqueville où le collège Albert Camus possède une section basket. Leïla a souvent brûlé les étapes en étant surclassée, que ce soit en club ou en sélections d'Aveyron. Avec Baraqueville elle joue chez les U15 avec deux ans d'avance.

La basketteuse joue sa première compétition internationale avec les équipes de France à 15 ans. Toujours en avance, à 17 ans, elle participe à la Coupe du monde U19 2021. "On sentait qu’elle avait envie de gérer tout le match, poursuit son entraîneur des U13. Jamais individualiste, elle ne cherchait pas à scorer. Toutes les autres filles l’aimaient bien. Son évolution est énorme et rapide. Elle a progressé dans tous les domaines : physique, technique. Elle était tout le temps à la salle de basket avec son père les week-ends".

Sur le parquet du Rodez Basket Aveyron, toute la grâce et le style de la jeune prometteuse Leïla Lacan. 

Une carrière pro avant la NBA

Avec des qualités sportives et humaines indéniables, Leïla fait son chemin, sans brûler les étapes. Elle intègre le pôle Occitanie de Tournefeuille puis le pôle France en 2022 qui évolue en ligue Féminine 2. Petit détail qui prouve son attachement à l'Aveyron, elle joue souvent avec le numéro 12, alors que les meneuses de jeu ont plutôt le N°5 sur le maillot. En 2022, elle signe son premier contrat pro à Angers. "Elle avait eu des propositions pour aller à Lyon, mais elle a refusé car elle voulait du temps de jeu. Ça a marché. C'est une fille intelligente et bien entourée."

Frédéric Le Dall, qui n'est plus entraîneur de basket, suit toujours la joueuse. Elle s’est immédiatement imposée en LFB pour ses débuts avec Angers (11,5 points à 31%, 2,6 rebonds et 3,2 passes décisives). "Le plus flagrant, ce sont ses qualités de pénétration des 2 mains. C'est très dur de faire travailler sa mauvaise main. On le fait avec toutes les joueuses. Certaines sont allergiques. Elle est très volontaire sur tout."

Selon des indiscrétions, avant de rejoindre la NBA au Connecticut Sun, elle devrait se retrouver au Basket Landes (actuel 3e de la ligue féminine), un nouveau palier intermédiaire franchi par la joueuse. "Elle est partie à Angers car elle pouvait jouer. À Lyon, elle aurait eu moins de temps de jeu car il y a beaucoup de meneuses. Basket Landes est un club mythique, champion de France en 2021 et 2008. Toutes les basketteuses y passent. C'est un très bon choix. Son objectif a toujours été de faire les JO."  Que le président Xavier Alric se rassure : elle va certainement accomplir son rêve.

Celle qui a été médaillée de bronze avec les Bleues lors de l’EuroBasket 2023 n'espère qu'une chose désormais : être retenue pour les JO de Paris et les gagner. 

Paula Solier, une future pépite formée à Rodez

Si Leïla Lacan est la première joueuse formée à Rodez retenue en NBA, une autre Ruthénoise semble suivre le même chemin. Il s'agit de Paula Solier, la jeune arrière de l'Elan Aveyron Basket, l’entente de l’agglomération ruthénoise. Paula Solier intégrera le pôle France (INSEP (Institut national du sport de l’expertise et de la performance) à la rentrée 2024.

C'est la 3ᵉ Aveyronnaise à y parvenir, au même âge que Leïla (14 ans). Xavier Alric, le président du Rodez Basket Aveyron retrouve le sourire. "Son grand frère était au club et ses deux parents jouaient au basket. Sa maman avec les Serènes de Lunac et son père en national avec Rodez. Elle joue sur l’aile avec un beau gabarit. Elle est au pôle à Toulouse mais elle a fini la saison avec la nationale 3 à Rodez. On espère qu’elle pourra suivre le même chemin que Leïla."

Leïla Lacan n'a pas oublié ses racines aveyronnaises et revient souvent à Rodez pour saluer les joueurs et joueuses ou pour faire des entraînements. Avec elle, et pourquoi pas dans les prochaines années Paula Solier, le basket ruthénois féminin est dans le haut du panier.