Coronavirus : 7 présidents de départements de la région Occitanie signent une tribune pour un "revenu de base"

Ce dimanche 12 avril, 19 présidents socialistes de départements, dont 7 de la région Occitanie, signent une tribune dans le Journal du Dimanche. Ils réclament un "revenu de base" pour lutter contre la pauvreté, liée à la crise du coronavirus.
"La priorité est d'assurer à tous ceux qui en ont besoin, un soutien monétaire et un accompagnement social pour faire face à cette crise inédite."

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche ce 12 avril, dix-neuf présidents socialistes de départements montent au créneau : ils appellent à la généralisation du "revenu de base" pour faire face aux difficultés liées à l'épidémie de coronavirus et lutter contre la pauvreté.

Parmi les signataires, on compte sept élus de la région Occitanie : Denis Bouad (Gard), Philippe Martin (Gers), Georges Méric (Haute-Garonne), Kléber Mesquida (Hérault), Christine Tequi (Ariège), Serge Rigal (Lot) ou encore André Viola (Aude).

"Nous avons eu de premiers retours citoyens et politiques très positifs sur les réseaux sociaux", commente ce dernier. 
 

Remettre le débat du revenu de base sur la table

En 2018, l'Aude, l'Ariège, le Gers, le Lot, l'Hérault et la Haute-Garonne étaient en première ligne, aux côtés de 12 autres départements français, pour expérimenter le revenu de base à l'échelle locale. Celui-ci devait se matérialiser sous la forme d'un versement mensuel unique, issu d'une fusion de minima sociaux.
 
Mais la proposition de loi socialiste a été rejetée par l'Assemblée nationale le 31 janvier 2019 : le projet d'expérimentation a donc dû être avorté, avant même d'avoir commencé.

Pour les présidents de départements, la crise sans précédent du coronavirus, et les conséquences économiques qu'elle engendre, est l'occasion de remettre le débat sur le table.

Le président de la République l'a dit lui-même : il faudra repenser notre système après la crise, constate André Viola. Le revenu de base n'est peut-être pas la solution miracle, mais il peut en tout cas permettre aux plus démunis d'avoir un filet de sécurité.

Par ailleurs, le président du Conseil départemental de l'Aude souligne d'autres difficultés liées à la situation sanitaire.

"Depuis le début de l'épidémie, et ce dans le monde entier, on perçoit des inégalités sur le plan de la santé et de l'éducation. Avec notre proposition, nous voulons éviter que le fossé se creuse encore plus sur le plan économique."
 

Un "revenu de base sans contrepartie, mais avec un accompagnement renforcé"

"Nous souhaitons pouvoir mettre en œuvre un revenu de base sans contrepartie mais avec un accompagnement renforcé, automatique pour résoudre le problème du non recours aux droits, ouvert dès 18 ans pour lutter contre la précarité des plus jeunes, dégressif en fonction des revenus d'activité et d'un montant égal au seuil de pauvreté", stipule la tribune. 

Ce revenu ne serait donc pas à proprement parler "universel".

Personnellement, je ne suis pas contre ce critère d'universalité. Le revenu de base que nous proposons peut être un premier pas dans cette direction, précise André Viola. Je pense en tout cas qu'il faudra mettre les moyens sur l'accompagnement, plus que sur le contrôle, pour soutenir les plus défavorisés.

Les présidents de départements proposent également d'élargir la démarche à l'échelle européenne qui, selon eux, est "particulièrement adaptée pour apporter une réponse globale". "Un plan de relance économique qui oublierait les ménages pourrait ne pas suffire à sauver le projet européen", ajoutent-ils.

De leur côté, l'Espagne et l'Allemagne envisageraient de mettre en place leur propre revenu de base pour soutenir les ménages en difficulté.
 
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