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Daniel Larribe raconte sa détention et sa libération sur France Télévisions

Thierry Dol (au centre) et Daniel Larribe (à droite) à leur arrivée à l'aéroport de Niamey (Niger), le 30 octobre 2013. / © HAMA BOUREIMA / AFP
Thierry Dol (au centre) et Daniel Larribe (à droite) à leur arrivée à l'aéroport de Niamey (Niger), le 30 octobre 2013. / © HAMA BOUREIMA / AFP

L'ex-otage gardois Daniel Larribe, libéré la semaine dernière après 3 ans de détention dans le désert du Niger et du Mali, est revenu lundi soir sur ses conditions de détention et sur son retour en France. Dans le journal de 20 heures de France 2, il a confié être un "miraculé".

Par Valérie Luxey

Il est libre depuis le 29 octobre. Mais jusqu'ici, le Gardois Daniel Larribe ne s'était pas exprimé. L'ancien otage d'Al Qaïda au Maghreb Islamique a raconté lundi soir sur ses conditions de détention et sur sa libération dans le journal de 20 heures de France 2.

Une joie incomplète

Au cours d'une longue interview, il a décrit sa joie, "affectée par le triste assassinat", samedi, au nord Mali, de nos confrères de RFI, ajoutant au nom des 3 autres otages libérés avec lui: "Nous ne serons heureux que lorsque tous les autres seront libres". Daniel Larribe faisait référence aux 7 autres Français encore retenus en Afrique et en Syrie.

Une vie spartiate

Il s'est en bonne santé, sans séquelle physique de ses 3 ans passés dans le désert du Niger et du Mali. "Je n'ai été ni maltraité ni entravé. Nous étions nourris de pâtes, de riz, de lait et de sucre pour le thé, rarement de viande de chameau ou de mouton", a-t-il ajouté, en précisant que c'est aussi ce que mangeaient leurs geôliers.

Obligés de bâtir leurs propres geôles

Le Gardois a reconnu que lui et ses co-détenus avaient changé à plusieurs reprises de lieu de captivité. Et que leurs gardiens avaient tout prévu: "Nous vivions dans des cabanes que nous construisions pour nous préserver de l'ombre et du regard des observateurs aériens. On dormait à même le sol, avec une couverture". Et il vivait sans chaussure, l'une des plus grosses difficultés pour lui en arrivant en France a donc été de devoir en mettre et de se réhabituer à dormir dans un lit.

Construire une bulle psychologique pour survivre

Daniel Larribe a également expliqué comment il s'était "mis dans une bulle, entre parenthèses", pour se protéger des effets de la détention. "J'ai résisté parce que j'ai réussi à [en] faire abstraction". Passionné de nature et de désert, il s'est plongé dans la botanique dans les moments les plus durs. Il explique: "Quand j'avais des idées noires, je les rejetais et je me concentrais sur la description d'une plante". Si bien que quand il a retrouvé sa femme, aux côtés de qui il a vécu les premiers mois de captivité avant qu'elle ne soit libérée: "c'était comme si j'avais quitté Françoise hier".

Le jour où il a eu le plus peur

Sa plus grande peur, il confie l'avoir vécue le 22 février 2013, lors du déclenchement de l'opération Serval, l'offensive des forces françaises au Mali. Il ne se trouvait alors qu'à 1,5 kilomètre des bombardements. "Lorsque, 8 mois plus tard, nous sommes revenus près de la grotte où nous avions été détenus, je l'ai cherchée, en vain: elle avait été réduite à néant".

Le choc du retour

Daniel Larribe a aussi expliqué les raisons du mutisme des ex-otages à leur retour en France: trop d'émotion, de fatigue, trop tôt aussi. "Réagir à chaud n'est pas très bon", a-t-il commenté. Surtout, la joie de retrouver leur famille a pris le pas sur tout le reste.

Quant à un éventuel retour un jour en Afrique, le continent qu'il affectionne, il a précisé: "peut-être, mais pas de sitôt. On peut se considérer comme des miraculés".

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