Le djihadiste perpignanais Tayeb Derraz, acheminé en Syrie par la "filière toulousaine", est probablement mort

Tayeb Derraz, né à Perpignan, était le seul à avoir réussi à gagner la Syrie via la filière mise en place à Toulouse en 2013. Les autres ont été condamnés en France en 2017. Lui était décrit comme une "machine de mort" par la justice.

Les derniers combattants de Daesh sont retranchés dans la poche du village de Baghouz
Les derniers combattants de Daesh sont retranchés dans la poche du village de Baghouz © Delil Souleiman / AFP
Au lendemain de l'annonce de l'élimination, par un drone de la coalition internationale, de Fabien Clain, djihadiste toulousain et voix française de Daesh en Syrie, notamment après les attentats du 13 novembre 2015, on apprend qu'un autre djihadiste issu de la région Occitanie, Tayeb Derraz, est "probablement mort" lui aussi en Syrie.  

Les autres membres de la filière condamnés en 2017

Derraz, originaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales), avait utilisé la filière dite "toulousaine" d'acheminement de combattant en Syrie mise en place autour d'un appartement du Mirail à Toulouse en 2013. 
Une filière dont aucun de ceux qui l'avaient mise en place ne sont parvenus à gagner la Syrie pour rejoindre Daesh. Six d'entre eux ont d'ailleurs étaient condamnés en 2017 à Paris à des peines allant de 15 mois à 6 ans de prison ferme.

Des vidéos atroces

Le seul que cette filière a réussi à aider à rejoindre la Syrie est donc Tayeb Derraz, qui avait été décrit par le parquet, lors du procès de ses complices, comme une "une machine à distribuer la mort" et qui aurait directement menacé la France. Un mandat d'arrêt international avait été lancé contre lui. 

Il envisageait à l'époque de rentrer clandestinement en Europe pour y commettre une action violente.

Il avait notamment posté des vidéos à son arrivée en Syrie (qu'il avait rejoint à l'âge de 18 ans !) où on le voyait exécuter un rebelle de l'Armée syrienne libre (ASL) ou achever d'une balle dans le dos des prisonniers alignés. Selon Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme (CAT) à Paris. Il est alors suivi de près par les services de renseignement français car "il envisageait à l'époque de rentrer clandestinement en Europe pour y commettre une action violente".

Sa femme n'a plus de nouvelles, il aurait été exécuté

En Syrie, un journaliste de l'AFP a retrouvé sa femme, Lise, originaire de Tours, désormais candidate au retour en France. Elle décrit le "chaos" qui régnait lors de la débâcle de Daesh.
Après avoir fui Baghouz, Lise a déclaré aux secouristes ignorer le sort de son mari, mais qu'il avait probablement été tué. Selon Jean-Charles Brisard, Tayeb Derraz aurait été exécuté par l'ASL à Hama, dans le centre de la Syrie, où a vécu un temps le couple. Sa mort n'a pas été confirmée officiellement.  
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