A Alès, on milite en faveur d'un binôme médecin/infirmier pour désengorger les urgences

Pour désengorger les urgences, certains professionnels de santé proposent des solutions comme un binôme médecin / infirmier qui serait aussi plus proche du patient - octobre 2019 / © MAXPPP - RICHARD DE HULLESSEN
Pour désengorger les urgences, certains professionnels de santé proposent des solutions comme un binôme médecin / infirmier qui serait aussi plus proche du patient - octobre 2019 / © MAXPPP - RICHARD DE HULLESSEN

Dans les services d’urgences, la colère ne baisse pas, toujours en grève pour plus de moyens. A Alès, dans le Gard, une association d’infirmiers libéraux propose une alternative, un binôme médecin/infirmier pour désengorger les hôpitaux. Mais ils ont du mal à se faire entendre.

Par Joane Mériot

Dominique est infirmier à domicile sur le bassin alésien depuis plus de 20 ans. Aujourd’hui, il est au chevet de Marie-Thérèse, elle souffre d’une plaie infectée après avoir subi une opération des varices. Le week-end dernier, sa patiente a fait un passage aux urgences. Selon Dominique, son infirmier, ce passage aurait pu être évité :
 

Elle a attendu 5 heures sur un brancard avant de trouver un lit. Il y a des choses qui vont bien et d’autres moins bien. Il y a eu un problème sur les anticoagulants pendant 48h, si moi j’avais été d’astreinte, j’appelais le médecin d’astreinte, je faisais une photo, transmission sécurisée, le médecin aurait pu diagnostiquer et dire quelque chose.  
Dominique Jakovenko, infirmier à domicile - Président de l'association des Infirmiers libéraux du bassin alèsien.


Un bînome plus proche des patients 

Dominique milite depuis deux ans pour la création d'un binôme médecin/infirmier qui serait une réponse à l'engorgement des urgences. Avec son association il représente près de 500 infirmiers libéraux sur le secteur :


Souvent sans que l’on sache nos patients vont aux urgences et on pense que ça ne serait pas la peine qu’ils y aillent. Parfois, nous démunis, nous sommes obligés de les emmener alors que l’on pourrait faire autrement.


L'infirmier passe également tous les jours désinfecter les plaies de Juliette, elle a 89 ans et glisse souvent de son lit.  Dernièrement après avoir actionné son bracelet électronique, les pompiers ont dû intervenir à plusieurs reprises la même nuit :

Si nous avions été envoyés dans le cadre d’un binôme médecin/infirmier, le médecin d’astreinte m’aurait appelé en me disant tu peux aller à tel endroit une dame est tombée, j’y serais allé et j’aurais fait un bilan clinique, pouls, tensions, températures et saturations.


Autre solution ? la chambre tampon dans un Ehpad 

Pour le docteur Flaissier, défenseur du binôme mobile médecin/ infirmier d'autres solutions pourraient être étudiées pour la prise en charge des personnes âgées :

Lorsqu’une personne est isolée et qu’elle a d’un coup aggravé sa dépendance sans que pour autant son état de santé ne se soit dégradé, il faut la mettre à l’abri. Mais la mettre à l’abri ne passe pas forcément par une chambre d’hôpital qui coûte chère, mais une chambre tampon dans une ehpad qui serait habilitée pour cela, ce qui permettrait d’organiser cette réponse au mieux des intérêts de chacun.
Christian Flaissier, Docteur à la retraite - Directeur de l'Ephad - Bagard

Le binôme médecin/infirmier  qui quadrillerait le territoire et prendrait en charge les patients  en amont des urgences n'a pas été retenu parmi les 12 propositions annoncées par la ministre de la santé. Le député de la circonscription Olivier Gaillard avait même présenté le texte à la tribune de l'assemblée nationale en vain malgré cela les deux professionnels de santé restent combatifs.

Le reportage de Pascaline Arisa et Franck Detranchant

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