Après 60 jours sous terre, 2 spéléologues sont ressortis ce jeudi de la grotte cévenole de Trabuc

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Écrit par Fabrice Dubault et Pascale Barbès

Depuis le 29 novembre dernier, 2 spéléologues sont enfermés, sous terre, à Mialet, dans le Gard. Leur camp de base est établi à 700 mètres de l'entrée de la grotte sauvage de Trabuc. Après 2 mois, sans contact avec la surface, pour mener des expériences scientifiques et photographier le réseau souterrain en 3D, les 2 aventuriers ont retrouvé le jour, ce jeudi à 13h.

60 jours sous terre, sans contact avec la surface, cette aventure pour explorer les capacités d'invention et d'adaptation de l'humain a pris fin ce jeudi à 13h.

Une expérience que Jean-Philippe et Patrick ont décidé de mener pendant l'hiver pour ne pas trop souffrir du manque de lumière extérieure et surtout parce que la grotte est très fréquentée l'été.

Le top départ de ce confinement volontaire, sans masque, c'était le 29 novembre dernier à 14h, il y a 2 mois.

VOIR notre reportage à la descente dans la grotte de Trabuc.

La sortie à l'air libre

Et 60 jours plus tard... voici Patrick (en photo) et Jean-Philippe qui ressortent de leur caverne. Une fois extirpés par l'étroite ouverture, les 2 hommes semblent en bonne forme mais ils sont surtout heureux de revoir le soleil.

"Je suis très content de revoir la lumière du jour. Nous ne sommes quand même pas faits pour vivre sous terre, 100% de l'année".

Patrick Candela, guide spéléologue.

Les 2 spéléonautes sont en bonne santé bien qu'émoussés physiquement et psychologiquement par leurs conditions de vie.

"J'ai des lunettes de soleil mais ce n'est pas pour le soleil car j'ai pas envie de craquer. Je suis content de voir que cela à marcher et que l'on a réussi. (...) Mais la vie du quotidien a été difficile".

Jean-Philippe Troux, spéléologue amateur.

VOIR notre reportage des 2 spéléologues ressortant de la grotte de Trabuc.

Une mission souterraine en Cévennes très préparée

2 semaines avant le jour J, l'heure était à l'acheminement du matériel et des vivres jusqu'au camp de base. 800 kilos à transporter à 250 mètres sous terre. Température dans la cavité, 14°C.

Au 2/3 du cheminement, après 40 minutes de marche, 2 sortes de petites barques scintillent… rencontre avec le potager. Nos 2 ermites des profondeurs se sont permis de planter des endives, dans le sable de la grotte, pour avoir quelques produits frais.

Car si une activité régulière et le moral sont importants, il faut aussi savoir se faire plaisir même quand on vit en autarcie.

Parmi les autres expériences menées : une étude de biospéléologie avec le recensement des insectes des cavités, les réactions physiques et psychologiques suite au manque de contact, les origines des graffitis sur les parois également.

Le camp de base

A 700 mètres du départ, après plus d'une heure de marche, la salle du chaos. 35 mètres de hauteur à son maximum. C'est le seul endroit où les spéléologues bénéficiaient d'un sol assez plat pour installer leur cabane et campement provisoire.

Il y a la cuisine et ses 252 repas déjà prêts, une chambre-bureau de 16M2, un sommier de lit en bois, tout le matériel informatique, un radiateur pour maintenir 17°C et gros problème, beaucoup, beaucoup d'humidité, 80% dans l'air, d'où la présence d'un déshumidificateur.

Reste à savoir comment ils vont vivre leur réadaptation à la sortie de leur caverne, notamment la lumière du jour. Leur seule angoisse, il y a 2 mois, était comment retrouver les multiples contacts humains sans se sentir agressé après avoir vécu à leur propre rythme, pendant 60 jours.