Après 3 ans d'enquête, un réseau de proxénétisme international a été démantelé à Nîmes. Huit personnes ont été mises en examen et trois personnes sont incarcérées. Le trafic concernait entre 30 et 60 femmes d'originaires de Guinée Equatoriale.
Un réseau de proxénétisme a été démantelé à Nîmes après 3 ans d'enquête. Dans un premier temps, des maires de communes aux alentours de la préfecture gardoise avaient alerté les services de police d'activités suspectes au bord des routes de leurs villages.
" Les signalement provenaient essentiellement des mairies rurales du département. La prostitution avait lieu en bord de routes, du côté de Sauve, Sommières et d'autres villages. Nous avons procédé à de nombreux contrôles sur les bords de routes. En recroisant les déclarations des prostituées, nous nous sommes aperçus qu'elles avaient des liens et des adresses en commun ," explique Eric Buizine de la Police aux Frontières.
Suite à ces contrôles, les policiers ont remonté les pistes, notamment grâce à des écoutes téléphoniques, et ont procédé à huit interpellations et perquisitions le mardi 8 février à Nîmes et dans d'autres communes du Gard.
C'est une action de longue haleine de lutte contre le proxénétisme, contre l'exploitation des femmes. Le proxénétisme est une violence faite aux femmes.
Eric Maurel, procureur de Nîmes
Au total, huit personne sont mises en examen. Trois proxénètes, dont une femme, ont été déférés et écroués pour leur rôle majeur dans ce réseau de prostitution.
Cinq autres sont mis en examen pour "proxénétisme en bande organisée, blanchiment d'argent et aide au séjour irrégulier."
Entre 30 et 60 femmes
Les proxénètes faisaient venir des jeunes femmes originaires de Guinée équatoriale, via l'Espagne, pour les forcer à se prostituer.
Ces jeunes femmes arrivaient en France sans titre de séjour et étaient ensuite contraintes de se prostituer soit en bordure de routes fréquentées, soit dans des appartements. Certaines étaient référencées sur des sites internet.
" Ces jeunes femmes étaient recrutées dans de grandes agglomérations en Espagne, et acheminées sur Nîmes. Le réseau les prenait en charge. Des hommes les convoyaient sur les lieux de prostitution, des hommes les surveillaient, " détaille, Eric Maurel, procureur de Nîmes.
Le réseau était implanté dans plusieurs villes gardoises : à Nîmes, dans les quartiers populaires Richelieu et Gambetta, mais également à Marguerittes, Rousson, dans le secteur d'Alès et en Lozère, au Collet-de-Dèze.
L'enquête se poursuit
Les jeunes femmes restaient en moyenne plusieurs mois dans le Gard. Les proxénètes faisaient se prostituer entre 30 et 60 jeunes femmes par mois.
Celles-ci leur rapportaient en moyenne 2000 euros chacune par mois. Les jeunes femmes étaient logées et rémunérées 350 euros par mois.
Les enquêteurs ont saisi 260 000 euros et une voiture d'une valeur de 48 000 euros.
Certaine jeunes femmes sont reparties en Espagne, celles qui souhaitent rester en France pourront bénéficier d'un accompagnement.
L'enquête se poursuit dans le Gard et en Espagne.