C'est une première en France. Gérard Fesch, fils de Jacques Fesch, un homme guillotiné en 1957 pour avoir tué un policier, demande sa réhabilitation. Une demande plaidée à Nîmes. 

C'est une affaire inédite qui s'est présentée devant les juges de la chambre de l'instruction de Nîmes et révélée par nos confrères d'Objectif Gard.
Ce jeudi 5 septembre, ils ont examiné la requête de Gérard Fesch fils de Jacques Fesch, un homme condamné à mort et guillotiné en 1957 après avoir tué un policier trois ans plus tôt lors d'un braquage.
Durant sa détention, le condamné est devenu mystique, il a publié plusieurs livres sur la religion. Des écrits qui ont fait date. Et ce au point qu'une procédure de béatification a été engagée par l'Eglise catholique. 

Je souhaite cette réhabilitation pour montrer l'autre face de mon père

"Je souhaite cette réhabilitation pour montrer l'autre face de mon père. Ce n'est pas pour rayer la condamnation, mais pour mettre en lumière tout un autre pan de sa vie et montrer qu'i' a aussi servi d'exemple à l'époque. Le but est de montrer que tout homme peut changer entre le moment où il est entré en prison et le moment où il a été exécuté", précise Gérard Fesch, à l'origine de cette procédure, et joint au téléphone par Francetv.

Je vous demande de donner votre tête pour la paix de l'Etat

Grâce rejetée

En détention Jacques Fesch avait demandé à être gracié.
Une demande rejetée par René Coty, le président de la République de l'époque, qui dans un courrier lui écrit : "Je vous demande de donner votre tête pour la paix de l'Etat. Si vous le faites, je vous en serai d'une reconnaissance infinie. Merci pour l'homme que vous êtes devenu".

Echafaud

"Mon père est allé à l'échafaud très sereinement. Dans son journal spirituel il note: " chaque goutte de mon sang sert à empêcher un crime. Dans quelques heures, je verrai Jesus", ajoute Gérard Fesch.

Jacques Fesch a été exécuté le 1er octobre 1957 à l'âge de 27 ans.

Un long combat procédural

Un long combat procédural s'engage a présent pour Gérard Fesch. Il a déposé sa demande dans le Gard car il y habite. C'est l'un des plus célèbres avocats français, Me Eric Dupond-Moretti, qui a été mandaté pour plaider sa requête à Nîmes.
Une QPC (question prioritaire de constitutionnalité ) a été déposée devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes car la réhabilitation n'existe pas dans la Constitution française.
La cour d'appel de Nîmes a accepté de transmettre cette question à la cour de Cassation qui a trois mois pour rendre une décision. 
La cour de Cassation peut bloquer la QPC ou la transmettre ensuite au Conseil constitutionnel qui jugera sur le fond.
Si le conseil constitutionnel répond favorablement, la requête pourra alors être examinée.