INFO FRANCE 3. Richard Tibérino, ex-adjoint à la sécurité à Nîmes, visé par une plainte pour harcèlement sexuel

Publié le Mis à jour le
Écrit par Dominique Durand .

La jeune femme à l'origine de la procédure accuse également l'élu du 4e canton du Gard de violences psychologiques.

"Cette épreuve m'a mise à terre. Je vomis le matin avant de partir au travail. J'ai peur de le recroiser et de revivre les mêmes choses".  La jeune femme qui s'exprime a porté plainte pour harcèlement sexuel et violences psychologiques contre Richard Tibérino, l'ancien adjoint à la sécurité à la ville de Nîmes, élu du 4e canton et conseiller à la Métropole. La trentenaire que nous avons rencontrée, mais qui souhaite garder l'anonymat, a entretenu une relation consentie avec l'homme politique de 67 ans. 

Rendez-vous secrets

Elle le rencontre à la pause cigarette. Ils échangent des banalités. Elle reçoit un mail selon elle un peu tendancieux. Mais elle accepte de le rencontrer dans son bureau. Elle est jeune, contractuelle, veut changer de travail et vu son expérience, elle se dit qu'il pourra peut-être l’aider. A la fin du premier rendez-vous, il lui propose de déjeuner. A la fin du premier repas, il lui pose des questions intimes, sur sa vie privée, sa sexualité. D'abord "choquée" puis "charmée" elle dit avoir "cédé". Les deux adultes ont une relation intime secrète. Ils ne se voient que dans le bureau de l'élu. Au départ consentie, la relation aurait dégénéré avec "un code vestimentaire imposé". 

Il fallait la jupe, les talons, les bas noirs et puis très vite, il a voulu me faire tomber dans des plans à trois.  Je veux offrir ton corps à d’autres hommes, je veux qu’il y ait des voyeurs.  

Jeune femme à l'origine de la plainte

Accusation de voyeurisme et de violence 

Les jeux sexuels et le voyeurisme qui lui auraient été imposés seraient devenus de plus en plus difficiles à assumer : "J’avais honte et peur à la fois. Je ne pouvais plus refuser. J’étais tétanisée, donc j’ai accepté. Après je rentrais dans ma voiture qui était garée au parking et je fondais en larmes".

Des gifles sur tout le corps et des tentatives de strangulation s'ensuivent, selon elle : "Je ne sais pas pourquoi il a fait ça. Pour moi c’était une vraie histoire. J’étais amoureuse, malgré la différence d’âge. J’étais pour lui un divertissement, un défouloir".

Son amant lui aurait demandé d'aller draguer un jeune homme mineur, "un lycéen qui révisait ses cours en sirotant un coca dans un bar en face du lycée Daudet". Ce qu'elle aurait refusé, en plus d'autres demandes qui auraient été de plus en plus pressantes : « Quand vous dites non pour des plans à trois et qu’il revient sans arrêt à la charge, c’est du harcèlement".

Une de ses connaissances lui conseille de mettre fin à cette relation qu'elle estime toxique. "Fuis, il est dangereux". Impossible selon la jeune femme, de "peur de perdre son travail".

Plainte

Elle dit ensuite être tombée enceinte. Il lui aurait alors proposé de l'argent pour avorter. C'est la rupture. « Il a usé de son pouvoir, de son statut ». La jeune femme dépose plainte pour harcèlement sexuel et violences psychologiques.

La jeune femme qui a un temps pensé retirer sa plainte, se dit déterminée à continuer la procédure. 

Il a usé de son pouvoir et de mes faiblesses, je me bats pour moi et pour qu'il n'y ait pas d'autres victimes.

Accusatrice

Réponse judiciaire

"Ma cliente a eu beaucoup de courage pour dénoncer de tels agissements eu égard aux enjeux politiques et aux pressions exercées. Les faits dont elle a été victime reposent sur des éléments réellement probants. Il est impératif que la réponse de l’institution judiciaire soit à la hauteur des enjeux ; à ce titre, il est désormais acquis que la parole des femmes victimes de harcèlement ou de violences ne doit pas être prise à la légère", ajoute son avocat Me Mourad Battikh.

Richard Tibérino nie tout

Contacté par France 3 Occitanie, Richard Tibérino, reconnaît une relation consentie avec la jeune femme. Au courant de la plainte, il n'avait pas été auditionné par la police au moment de notre entretien téléphonique. Il nie en bloc les accusations de violence et de harcèlement portées à son encontre. Des accusations qui seraient selon lui, dictées par le dépit amoureux et un désir de vengeance après leur rupture.

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