Sécurité routière : “à se demander s'il y a un code de la route dans le Gard !”

Illustration / © France 3 LR / Valérie Banabera
Illustration / © France 3 LR / Valérie Banabera

Depuis le début de l'année, 51 personnes ont déjà perdu la vie dans un accident de la route dans le Gard. Un triste bilan, qui inquiète le préfet Didier Lauga, et exaspère le procureur de la République de Nîmes, Erick Maurel. Tous deux déplorent l'inattention trop fréquente des conducteurs.

Par Richard Duclos

En deux jours, le bilan du nombre de morts sur les routes du Gard s’est brusquement alourdi, avec cinq décès supplémentaires en quelques heures. Parmi eux, deux enfants de 6 et 18 mois.



Au total, depuis le début de l’année, 51 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route dans le département. Le bilan de l’année dernière, qui était de 58 morts, risque donc fort d’être dépassé en 2017.





Au 30 septembre, les statistiques étaient encore équivalentes : 42 décès en 2017 à cette date, contre 43 un an plus tôt.

"Le bilan cette année n’est pas du tout encourageant", déplore le préfet du Gard Didier Lauga. Celui-ci souligne tout de même le caractère exceptionnel de "l’accumulation de négligences et de fautes" en cause dans l’accident de Nîmes ayant fait quatre morts : les ceintures de sécurité n’étaient pas attachées, les enfants n’étaient pas dans des sièges adaptés, et les passagers étaient en surnombre, sans oublier un contrôle technique périmé.

En revanche, "beaucoup trop d’accidents sont dus à la distraction des conducteurs", note le préfet.

On ne passe plus assez de temps à faire attention à ce que l’on fait. Il faut se responsabiliser !


Les Gardois "fous du volant" ?


"Les gens sont convaincus que les Gardois sont des fous du volant, constate Didier Lauga. Mais la hausse du nombre de morts sur les routes n’est pas un particularisme local. C’est une tendance nationale, et même européenne."

En visite à Nîmes en juin 2016, le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe soulignait que la situation dans le département était "préoccupante". Les conduites à risque y sont plus développées qu’ailleurs, remarquait-il dans une interview à Midi Libre : 11% de dépassements dangereux contre 4% en France, 5% de changements de file contre 2%, et 11% de contresens contre 2%.


Au-delà du nombre d’accidents et de victimes, le nombre d’infractions au code de la route est élevé lui aussi. En 2015, dernière statistique connue à ce jour, 97 505 infractions ont conduit à des retraits de points, selon les chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière.



Sans oublier l'incivilité, comme les doigts d'honneur adressés aux autres véhicules, qui eux ne font l'objet d'aucune statistique...

"Le code de la route sert à protéger"


Face à la dangerosité de certains comportements, le procureur de la République de Nîmes Erick Maurel ne cache pas son exaspération :

"C’est à se demander s’il y a un code de la route dans le Gard !" souffle-t-il, avant d’ajouter :


Un grand nombre de conducteurs considèrent le code de la route comme une entrave à leur liberté. Quand je vois que certains protestent contre les radars qui sont installés, c’est désespérant : le code de la route est fait pour protéger leur vie et celle de leurs proches. On lutte pour éviter qu’il y ait des morts et des blessés.


Pour Erick Maurel, "beaucoup d’accidents pourraient être évités", grâce à de meilleurs comportements. "Pas seulement chez les motards et les automobilistes, précise-t-il, mais aussi chez les cyclistes et les piétons."

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Objectif pour 2020 : réduire à 34 le nombre de tués


Au quotidien, des associations comme l’association Prévention routière veillent à sensibiliser les futurs conducteurs, par des actions dans les écoles, collèges et lycées. Il n’y a toutefois "pas de recette miracle", remarque Laurent Savall, président du comité gardois, qui en tant que conducteur a lui aussi ressenti un "relâchement dans les comportements". En cause notamment, l’usage trop fréquent du téléphone portable au volant : or, "combien de fois un accident a été évité grâce à une réelle concentration ?"



L’objectif de la préfecture du Gard est de réduire à 34 le nombre de tués sur les routes en 2020. Cela ne sera pas facile, mais "les objectifs sont faits pour être atteints, alors tout sera mis en œuvre pour atteindre celui-ci", déclare Didier Lauga. Le préfet observe malgré tout certains progrès, comme moins d’accidents après les fêtes votives, ou encore l’idée d’un capitaine de soirée, "qui fait son chemin chez les jeunes".


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