Pour réduire les déserts médicaux, le département du Gers embauche des médecins généralistes

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Écrit par Julie Valin

Le Gers vient de créer le premier centre départemental de santé d’Occitanie. Confronté aux déserts médicaux, le département opte désormais pour le salariat des médecins généralistes. Quatre centres verront le jour en 2022.

Pour lutter contre les déserts médicaux, le Gers passe à la vitesse supérieure en optant pour le salariat des médecins généralistes.

Le département a crée le premier centre départemental de Santé d'Occitanie. En clair, la collectivité va embaucher directement des médecins généralistes. 

Quatre territoires vont en bénéficier

Quatre centres territoriaux de santé vont ainsi être créés en 2022. Le premier sera implanté à Fleurance, le second à Vic-Fezensac complété par l’ouverture d’une antenne territoriale de santé à Gondrin et enfin le dernier centre sera installé à Plaisance. Une offre qui sera aussi complétée par l’ouverture de deux antennes territoriales de santé dans le sud du département.

Cette première répartition territoriale va permettre de couvrir des zones particulièrement touchées par le phénomène de désertification médicale.

communiqué du conseil départemental du Gers

Les recrutements en cours

Une dizaine de médecins salariés sont nécessaires pour le démarrage des quatre centres. Les recrutements sont en cours. Le conseil départemental a diffusé des annonces dans toute la France pour mettre toute les chances de son côté. 

Une première équipe de 8 à 10 médecins salariés sera déployée l’année prochaine, et nous travaillons déjà à l’ouverture de nouveaux centres territoriaux de santé pour 2023 afin qu’il n’existe plus aucun territoire sans médecin dans le Gers.

Philippe Martin, Président du département du Gers

Le salariat des médecins : une solution qui séduit 

Pour lutter contre le manque de médecins en zone rurale, de plus en plus de collectivités se tournent vers le salariat des professionnels de santé. C'est le cas du Grand-Figeac dans le Lot. La communauté de communes a crée son centre de santé multisites en 2017.

Le centre médical du Grand-Figeac : un pionnier

L'autorisation d'ouverture du centre a été délivrée par l'Agence Régionale de Santé en juillet 2017. Un premier médecin et une secrétaire médicale ont été recrutés et le premier site a ouvert en novembre 2017 à Leyme. Ont suivi celui d'Aynac, de Latronquière et enfin Lacapelle-Marival.

Aujourd'hui, cinq médecins, un coordinateur et trois secrétaires travaillent sur les sites et sont ainsi salariés du Grand-Figeac. Pour deux jeunes femmes médecins, il s'agit du premier poste après leurs études. Anaïs Borel est médecin à Leyme, la jeune praticienne est ravie de s'être installée dans le Lot. Elle n'y voit d'ailleurs que des avantages.

Le gros avantage du salariat c'est que je me concentre sur mon cœur de métier. Je suis délestée de toutes les taches administratives. Et autre avantage, mon salaire n'est pas dépendant de mon activité. Je travaille à 80%. J'ai une rémunération fixe, ce qui est très satisfaisant

Anaïs Borel, médecin généraliste salariée

Les médecins sont rémunérés directement par la collectivité sur le modèle de la grille hospitalière soit 4250 euros net par mois pour 35 heures. Le Grand Figeac prend en charge le salaire des secrétaires et les loyers.

Après plusieurs années de fonctionnement, je ne peux que constater les effets positifs de ce choix. L'accès au soin a été rétabli et maintenu sur les communes du Haut Ségala, le recrutement des médecins et assistantes, s'il reste un défi quotidien, s'est révélé possible. Cette initiative, en répondant à l'aspiration nouvelle des professionnels de santé d'organiser autrement leur vie professionnelle, suscite même l'intérêt de jeunes médecins

Vincent Labarthe, Président du Grand Figeac

Depuis son ouverture, le centre de santé du Grand Figeac a réalisé près de 10 000 consultations. Au départ, la collectivité a déboursé 80 000 euros en mobilier (informatique, matériel médical, télémédecine,...)  pour la mise en place du dispositif.

Pendant la phase de montée en charge du centre, le déficit a été pris en charge par le Grand-Figeac à hauteur de 50% et les communes ont participé à hauteur maximale de 0,86 euros par an et par habitant.