Energie bois : facture trois fois moins salée pour un exploitant agricole du Gers

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Écrit par Aude Henry avec Mathias Garnier et Emmanuel Fillon
Des arbres, impropres à tout autre usage, sont broyés de la tête au pied. Les bûchettes de bois alimentent ensuite la chaufferie de l'exploitation céréalière de Pierre Abadie dans le Gers.
Des arbres, impropres à tout autre usage, sont broyés de la tête au pied. Les bûchettes de bois alimentent ensuite la chaufferie de l'exploitation céréalière de Pierre Abadie dans le Gers. © FTV

Réduire sa facture énergétique, Pierre Abadie y travaille depuis plusieurs années. Installé dans le Gers, l'exploitant céréalier a fait le pari en 2014 du séchage au bois. Sept ans plus tard, face à la flambée des prix de l'énergie, il ne peut que se féliciter d'avoir abandonné le gaz naturel.

Étape indispensable après la récolte : sécher les grains de maïs, pour pouvoir les conserver. Sur son exploitation céréalière, située à Saint-Michel dans le Gers, Pierre Abadie a abandonné le gaz naturel depuis sept ans déjà. Lui a fait le pari de la transition énergétique. Sa chaufferie, créée en 2014, est alimentée en bûchettes de bois. Résultat : sa facture énergétique est divisée par trois.

Une énergie dont le prix flambe beaucoup moins

Pour sécher son maïs, Pierre Abadie n'a pas besoin d'aller bien loin. En 2014, il a racheté une chaufferie qu'il alimente en bois. Chaque année, il en passe 800 tonnes au broyeur. Transforme le tout, directement sur l'exploitation.
À l'origine de cette conversion, la volonté d'être autonome, et de ne plus dépendre des cours du gaz. Aujourd'hui, "on récolte les effets de l'effort que nous avons fait à un moment donné sur l'exploitation. Pour aller vers une énergie renouvelable", peut se targuer Pierre Abadie.

Par rapport à mes confrères qui sèchent avec de l'énergie fossile, le gaz pour ne pas le citer, ils ont eu une hausse de l'ordre de 13%. Et nous, aujourd'hui, on a une augmentation, certes, mais beaucoup plus atténuée, puisque nous sommes sur 4% par rapport à l'année 2020.

Pierre Abadie, agriculteur céréalier

Pourquoi cette transition énergétique ? "Pour acquérir une autonomie dans la consommation d'énergie sur l'exploitation. On a subi plusieurs effets : les fluctuations du tarif du gaz, mais aussi une certaine pénurie à un moment donné."
Lassé de cette dépendance, l'exploitant céréalier du Gers se convertit. Passe à 100% à l'énergie bois pour assurer le séchage du maïs, un gros poste d'activité. Sans cette conversion, sa facture de gaz s'élèverait à près de 100.000 euros. Trois fois plus qu'avec l'énergie bois.

C'est quand même payant, car nous sommes sur une énergie stable. La ressource est garantie puisque nous l'avons localement. Et le prix ne subit pas les mêmes effets que les énergies fossiles.

Pierre Abadie, exploitant agricole

Circuit court

À l'heure où les prix flambent, il fait bon consommer une ressource locale. Le prix de l'énergie bois varie peu. Et l'exploitant agricole en passe 800 tonnes par an. Posté non loin de la broyeuse, Florian Abadie nous fait l'inventaire du stock de bois. Il y a là, "des branches de châtaigniers, trop petites pour être utilisées en menuiserie". Mais aussi, des tronçons bien plus gros… Des troncs fendus, et "troués par des insectes". Des bois morts ou malades, ou stockés trop longtemps sur des chantiers . Bref, du bois destiné à usage énergétique.


Le bois est trouvé localement. Brûlé, il va permettre de sécher 4.000 tonnes de maïs à l'année. Un tiers des grains provient de l'exploitation, le reste est apporté par d'autres céréaliers du département, qui paient pour le service.

Dans le Gers, moins de 5 % des installations de séchage ont fait le pari de ce type de transition énergétique.

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