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Aéroport de Toulouse : Jean-Luc Moudenc veut que l'Etat conserve ses 10 %, Georges Méric veut les racheter

Divergence de vue au capital de la société de gestion de l'aéroport : après l'arrivée de l'actionnaire principal chinois, département de la Haute-Garonne et ville de Toulouse n'ont pas la même idée de ce que doivent devenir les derniers 10 % des parts détenus par l'Etat. 
Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc (UMP) a dit mercredi préférer "s'assurer" que l'État ne cède pas les 10,01% qu'il détient encore dans l'aéroport plutôt que de les racheter, comme le propose le Département.

"La question aujourd'hui est moins de savoir si nous devons racheter les parts de l'État mais plutôt de s'assurer que celui-ci ne les vende pas", estime Jean-Luc Moudenc, en réponse au courrier que lui a adressé le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, Georges Méric (PS).
Le Département, qui détient déjà 5% d'Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB, société de gestion de la quatrième plateforme régionale de France), a invité les actionnaires publics locaux (la Chambre de commerce et d'industrie à hauteur de 25%, la région et Toulouse pour 5% chacun) à racheter conjointement les 10,01% de parts encore détenues par l'État.

Ce dernier a cédé 49,99% d'ATB à un consortium chinois regroupé sous la holding baptisée Casil. La cession prévoit la possibilité pour l'État de vendre aux Chinois les 10,01% qu'il détient encore dans un délai de trois ans, mais le gouvernement a récemment certifié ne pas en avoir l'intention.

Cette privatisation partielle a suscité une vive opposition des riverains et des actionnaires locaux qui craignent un accroissement des nuisances en raison de l'ambitieux plan de développement proposé par le nouvel actionnaire de référence.

Le consortium chinois entend faire passer le trafic toulousain de quelque 7,5 millions actuellement à 18 millions d'ici à 2046.
Dans un courrier daté du 22 mai, M. Moudenc souligne que les quatre collectivités actionnaires ont toujours demandé à l'État de conserver sa participation de 10,01% dans le capital de la société aéroportuaire, de façon à y maintenir une majorité publique, comme s'y étaient engagés les ministres concernés le 4 décembre 2014.

"Il n'est de toute façon pas possible de racheter lesdites parts, puisqu'elles... ne sont pas à vendre ! Au moment où le gouvernement baisse de manière brutale ses dotations aux collectivités et nous met en difficulté, devons-nous, en plus, engager 61 millions d'euros dans ce rachat au seul bénéfice de l'État ? J'avoue mon extrême perplexité", s'interroge le président de Toulouse Métropole.

Parallèlement à une éventuelle cession des 10,01% encore détenus par l'État, les actionnaires chinois sont disposés à rétrocéder à des actionnaires locaux 16 des 49,99% qu'ils détiennent actuellement, avait confirmé le 5 mai Anne-Marie Idrac, ancienne secrétariat d'État aux Transports nommée à la tête du Conseil de surveillance d'ATB 
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