Airbus confirme son projet de pointage en bleu de travail pour améliorer la productivité

Photo d'archives / © MaxPPP
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Airbus souhaite améliorer sa productivité pour faire face à la montée en cadence de production des avions, en modifiant les procédures de pointage des personnels d'atelier en échange de compensations, a confirmé la direction des ressources humaines de l'avionneur.

Par VA.

"Après avoir consacré de nombreuses années au développement de nos grands programmes, les prochaines années vont être axées sur la production afin de tenir nos engagements de livraisons",


a déclaré Marc Jouenne, le directeur des ressources humaines d'Airbus France.

"Nous avons des augmentations de cadence de livraison qui sont significatives (...) et l'ensemble des fonctions sont orientées vers cet objectif majeur", a-t-il ajouté.

Airbus prévoit de livrer 50 A350 cette année contre 14 en 2015, et doit passer de 42 A320 produits par mois à 60 en 2019.

Pour y parvenir, l'avionneur a proposé pour ses usines françaises (Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire) un projet d'accord d'entreprise selon lequel les personnels d'ateliers devront pointer matin et soir en bleu de travail, dans le but d'améliorer la productivité et la compétitivité du groupe.

Pour l'heure, les salariés d'ateliers badgent en tenue de ville matin et soir. "Pour améliorer notre productivité et notre compétitivité, il faut que les salariés
badgent en tenue de travail matin et soir après s'être changés", a indiqué la direction d'Airbus Nantes.

Ce projet de "badgeage en bleu de travail" est rejeté par la CGT et la CFDT (syndicat non représentatif) à Nantes, qui ont provoqué des débrayages mardi en signe de protestation.

450 salariés selon la CGT, 300 selon la direction, ont répondu à cet appel, sur un total de 2.700 salariés. En revanche, sur le site de Toulouse, où la CGT, avec moins de 10 % aux élections, n'atteint pas le seuil de représentativité, aucune action n'a encore été menée. Le syndicat décidera lundi si il appelle ou pas à des débrayages à Toulouse.

Le groupe propose de compenser ce temps d'habillage et de déshabillage, estimé à 20 minutes par jour, en moyenne de 60 euros par mois et de trois jours à récupérer par an.

Ces conditions placent Airbus "tout en haut de l'échelle de ceux qui pratiquent ce genre de compensation", selon Marc Jouenne. "Nous n'augmentons pas le temps travail de ces catégories de production, ils sont sur 35 heures et restent sur 35 heures", a-t-il insisté.

La CGT estime de son côté que le "badgeage en bleu va entraîner une augmentation de neuf heures à neuf heures et demi du temps passé en plus en entreprise par mois".

Selon Marc Jouenne, le projet va être présenté devant les instances représentatives, notamment lors d'un CCE le 24 février, en vue d'une application en avril.

Après ce CCE, "nous présenterons le projet d'accord à signature le 25 février et la mise en application est prévue pour début avril", a-t-il précisé. "Nous voulons donner le temps au managers, aux équipes, de se préparer à ce dispositif."

Selon lui, le projet concerne 6.000 personnes en production dans les usines de Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire.

Interrogé sur les débrayages à Nantes, Marc Jouenne a estimé que la majorité des salariés d'Airbus "est orientée vers cette volonté d'amélioration continue et adhère majoritairement à cet objectif". "Nos compagnons (personnels d'ateliers dans l'aéronautique, ndlr) savent que nous avons un carnet de commande énorme, de près de 7.000 appareils. Cela fait à peu près 9 à 10 années de production, c'est plus que toute autre industrie", a-t-il ajouté.

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