Coronavirus : les débuts difficiles de l'école à la maison

Depuis lundi matin, de nombreux collégiens tentent en vain de se connecter à l'ENT. / © FTV
Depuis lundi matin, de nombreux collégiens tentent en vain de se connecter à l'ENT. / © FTV

Depuis ce lundi 16 mars 2020, 12 millions d'élèves français (de l'école au lycée) sont à la maison, suite à la décision gouvernementale de fermer tous les établissements scolaires. Et ce, pour au moins trois semaines. L'école à la maison : comment cela fonctionne ? Témoignages.

Par Marie Martin

C'est une situation pour le moins inédite : 12 millions d'élèves n'ont pas pris le chemin de leurs écoles, collèges et lycées, ce lundi 16 mars 2020. Pendant au moins trois semaines, ils vont devoir étudier à la maison.

Le ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer, l'a dit et redit la semaine dernière, il ne s'agit pas de "vacances", la continuité des cours sera assurée, a-t-il promis. Seulement, dans les faits, comment cela se passe-t-il ? Récits.

Peu d'instruction ce lundi matin

La matinée de ce premier jour de confinement scolaire est déjà bien entamée et les informations destinées aux élèves et à leurs parents se font au compte-goutte. Les directives sont censées parvenir aux familles via l'ENT (environnement numérique de travail) mais pour le moment, soit le site est inaccessible (trop de connexions), soit les équipes pédagogiques (certaines se réunissent ce lundi matin) n'ont pas eu le temps encore de les finaliser. C'est notamment le cas dans les collèges et les lycées.
© FTV
© FTV
Quant aux écoles, les informations doivent arriver sur les boîtes mail des parents, envoyées semble-t-il par chaque enseignant. Beaucoup de parents sont en attente de ces messages. "Je consulte toutes les heures ma messagerie depuis samedi mais rien, je n'ose pas appeler l'école", confie cette mère d'un élève de CM1 de l'agglomération toulousaine, "je pense qu'ils sont eux aussi dans l'urgence".

Au cas par cas

Certaines écoles pourtant avaient anticipé la fermeture. C'est le cas dans cette commune du nord ouest de Toulouse où la direction de l'école primaire avait demandé dès mercredi toutes les adresses mail des parents. "La maîtresse de mon fils a ouvert une page dédiée sur un site", explique Stéphanie, "elle a envoyé ce matin un message aux élèves pour leur expliquer comment les choses allaient se passer. Et ils ont des leçons et des devoirs à faire, qui seront corrigés dès le lendemain. Elle nous a aussi fait parvenir des dictées à leur faire faire. Et a souligné le point positif de tout ça : l'autonomie des élèves. Ce matin, on s'est mis au travail. Le côté nouveau est un moteur mais je ne sais pas combien de temps ça peut durer".
© FTV
© FTV

Le désarroi des parents

Pour la plupart des parents, c'est une grande inconnue. Pour ceux qui sont à la maison, soit en arrêt soit en télétravail, c'est l'attente de consignes. Ceux qui le peuvent mettent en place des révisions en attendant mais pour ceux qui travaillent, c'est difficile de laisser seul à la maison un collégien, par exemple. "Je ne sais pas quoi lui dire", dit Corinne, mère d'un élève de 4ème dans le Tarn, "il est assez autonome mais pour le moment, il n'a pas de quoi s'alimenter". 

Les questions des enfants

Et puis, il faut aussi faire face à l'inquiétude des enfants. Et elle n'est pas négligeable. La situation est exceptionnelle pour tout le monde mais le besoin "social" des enfants est très fort et la durée indéterminée de la fermeture des établissements scolaires est pour eux anxiogène. "Ils ne cessent de me demander si c'est déjà arrivé, ce qui va se passer, on voit bien qu'ils sont inquiets", explique Christophe, père d'un écolier, d'un collégien et d'un lycéen à Toulouse. "Et je n'ai pas les réponses, c'est ça, le plus difficile, je trouve".
© FTV
© FTV
 

Une crise qui souligne aussi les inégalités

Et puis, il y a aussi l'inquiétude des parents qui ne sont pas connectés, qui n'ont pas d'ordinateur ni de connexion, par choix (rarement) ou par nécessité économique. Comment rompre l'isolement scolaire, éducatif dans ce cas, surtout quand les autorités appelent à limiter les contacts ? "Moi, ma fille a l'habitude d'aller chez ses amis, quand il faut consulter l'ENT", raconte Sylvie, maman d'une élève de 5ème, à Toulouse. "Comment faire maintenant ? Je suis désemparée et elle aussi". 

Sur le même sujet

Les + Lus