Le collectif d'habitants de la Reynerie "Nous ne sommes pas de la poussière" s'oppose à la destruction de l' immeuble Messager prévu dans le cadre du Grand Projet de Ville. Dans un courrier, il propose au maire de Toulouse une réhabilitation plutôt q'une destruction.
Haut de 15 étages et comprenant à l'origine 260 logements gérés par la société d'HLM "Les Chalets", l'immeuble Messager est promis à la destruction à l'horizon 2017 dans le cadre du Grand Projet de Ville. Progressivement, propriétaires et locataires sont donc incités à quitter les lieux. Mais tous ne l'entendent pas de cette oreille.
"Nous luttons pour une réhabilitation de cet immeuble à partir du moment où le bâti n'est pas insalubre" explique Anne Evano du collectif "Nous ne sommes pas de la poussière", qui s'est crée après les destructions des immeubles "Glock" et "Auriacombe".
"Les appartements sont spacieux. Ni les locataires ni les propriétaires ne souhaitent être expulsés", ajoute cette propriétaire d'un T2 de 57 m², acheté 1250 euros en 2006 et à qui les Domaines proposent le rachat entre 800 et 1000 euros.
Sur une petite centaine de propriétaires, 25 auraient déjà vendus. Et aussitôt, leurs logements ont été murés
"Ces démolitions sont des gaspillages quand de trop nombreuses personnes sont en attente de logements", déplore Anne Evano. "Ces démolitions ne régleront pas les problèmes mais les déplaceront...il est urgent d'arrêter les démolitions de logements sociaux sur le quartier du Mirail et de la Reynerie en particulier."
Du coup, dans un courrier au nouveau maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, le collectif réclame la mise en place d'un débat public et demande un moratoire sur les destructions. "Les habitants du quartier sont déterminés à ne pas se laisser faire, ils se sentent méprisés de la façon dont les autorités balayent leur vie d'un revers de main", explique le collectif.
Dans un autre courrier auprès du bailleur social Les Chalets, le même collectif écrit : "en soudant les portes des appartements murés avec des plaques métalliques très sombres et en les privant de voisinage, vous créez chez les résidents un réel sentiment d'abandon voire d'angoisse. En outre, chacun sait que la première sécurisation réside dans la présence humaine ; or, en désertifiant les étages, vous lancez un véritable appel d'air pour les dealers ou les personnes mal intentionnées."