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Deux cas suspects d'intoxications au Furosémide après deux décés à Toulouse et à Lourdes

Un homme de 78 ans a été retrouvé mort chez lui à Blagnac mercredi, un autre homme de 82 ans est décédé à l'hôpital de Lourdes le 4 juin. Tous deux avaient à proximité des boîtes de Furosémide, un médicament qui pourrait avoir fait l'objet d'un mauvais conditionnement. 

Seulement "une seule boîte" porterait la preuve d'un échange de médicament", selon le ministère de la santé
Seulement "une seule boîte" porterait la preuve d'un échange de médicament", selon le ministère de la santé © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Certaines boîtes de Furosémide vendues en France pourraient avoir fait l'objet d'un mauvais conditionnement et contenir des somnifères à la
place des diurétiques. Deux cas de patients décédés sont suspects en Haute-Garonne et dans les Hautes-Pyrénées, l'un à Blagnac chez lui, l'autre à Lourdes après un séjour à l'hôpital.

Jeudi soir, le parquet de Toulouse a ordonné des analyses toxicologiques et l'autopsie d'un homme au domicile duquel a été retrouvée une boîte de Furosémide. Le défunt, retrouvé mort mercredi chez lui à Blagnac, n'était pas âgé mais «très malade», selon le procureur de Toulouse Michel Valet qui a refusé en l'état d'établir un lien entre le décès et la présence de ce médicament. «Une autopsie sera pratiquée vendredi et des analyses toxicologiques seront faites pour s'assurer qu'il n'y a aucun lien» entre le décès et le médicament, a-t-il dit. Il faudra attendre le résultat des expertises toxicologiques réalisées à partir des prélèvements effectués sur le défunt et sur la boîte de médicaments pour avoir «des réponses définitives aux questions qu'on peut encore se poser», a souligné Michel Valet.

Aujourd'hui, le père d'un homme décédé le 4 juin à l'hôpital de Lourdes, a déposé plainte à la Gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre. Après le décès de son père qui avait chez lui une ordonnance de Furosémide, cet homme, qui tient à conserver l'anonymat, s'est posé des questions. Il a trouvé des boîtes de ce fameux médicament au domicile de son père. Après avoir regardé un reportage télévisé sur des lots Y175 et Y176 de Furosémide incriminés, le père du malade a fait le rapprochement. Les symptômes de la personne âgée ressemblaient à ceux décrits par les médecins de la pharmacovigilance. La Furosémide lui avait été prescrite lors d'un contrôle à l'hôpital de Lourdes fin avril-début mai. Le patient était rentré chez lui. Souffrant d'insuffisance respiratoire, il a été admis à l'hôpital le 25 mai puis est décédé le 4 juin. Le Parquet de Tarbes nous a confirmé avoir reçu la plainte contre X.

Une quinzaine de gendarmes ont perquisitionné l'usine de conditionnement des laboratoires Téva jeudi 13 mai. Les inspecteurs de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ont indiqué ne pas avoir relevé d'"anomalie majeure" dans l'usine de conditionnement du Furosémide, à Sens. La piste d'une malveillance a été évoquée.
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