Gilles Bertin, le braqueur repenti de la Brink's à Toulouse, est mort

Gilles Bertin à son arrivée à la cour d'assises de Haute-Garonne, le 6 juin 2018. / © Remy Gabalda/AFP
Gilles Bertin à son arrivée à la cour d'assises de Haute-Garonne, le 6 juin 2018. / © Remy Gabalda/AFP

Gilles Bertin, l'ex-leader du groupe Camera silens qui avait organisé le braquage de la Brink's à Toulouse en 1988, s'est éteint à Barcelone, le 7 novembre 2019. Après trente ans de cavale, il s'était rendu. En 2018, la cour d'assises de Haute-Garonne l'a condamné à 5 ans de prison avec sursis. 

Par Marie Martin

Gilles Bertin n'aura pas goûté longtemps sa toute nouvelle liberté...

L'ancien chanteur et leader du groupe punk bordelais Camera silens est mort, jeudi 7 novembre 2019, à Barcelone. Agé de 58 ans, il était atteint du sida depuis les années 90.

Un destin peu commun

C'est une histoire hors normes que celle de Gilles Bertin. Né en région parisienne, il rompt rapidement avec son milieu pour vivre pleinement sa passion : la musique. Avec trois amis, il fonde le groupe punk Camera Silens, à Bordeaux où il vit. Dans les années 80, la formation, prometteuse, se taille une certaine notoriété. 

Mais la musique seule ne rythme pas la vie de Gilles Bertin. Comme il nous l'avait confié, le 20 février 2019, il y a aussi la drogue. Les drogues. Beaucoup. "Une succession d'erreurs et de mauvais choix", avait-il expliqué de sa voix douce. Ces "erreurs" l'amènent à organiser le braquage de la Brink's à Toulouse, en 1988. Avec une dizaine d'amis musiciens, Gilles Bertin séquestre deux salariés de la banque et leurs épouses, afin de pénétrer dans la chambre forte. Réalisé sans le moindre coup de feu mais avec des déguisements de gendarmes, le braquage est une telle réussite qu'il est d'abord attribué au grand banditisme. Les malfaiteurs dérobent 11,7 millions de francs. La majeure partie du butin ne sera jamais retrouvée. 

Trente ans de cavale

Après le forfait, les participants s'éparpillent. Gilles Bertin se réfugie au Portugal, puis en Espagne. Il refait sa vie, rencontre sa compagne. Au début des années 90, il contracte le sida. Un enfant naît, aujourd'hui âgé de 8 ans.

C'est ce petit garçon qui va pousser l'ex-braqueur a franchir la frontière, en 2016, et à se rendre à la justice à Toulouse. Juste avant la prescription des faits. "Je ne pouvais plus mentir. Je voulais pouvoir tout dire à mon enfant. On ne peut pas élever un enfant avec des non-dits, des mensonges", nous avait-il confié.

 Devant la justice

Assisté de son avocat, le toulousain Christian Etelin, il comparaît devant la cour d'assises de la Haute-Garonne, le 6 juin 2018. Il est condamné à 5 ans de prison avec sursis et ressort libre de son procès.

 Un livre-confession

Avec l'aide de notre confrère Jean-Manuel Escarnot, Gilles Bertin entreprend d'écrire un livre-confession. "Trente ans de cavale" raconte son histoire : "Pas pour faire l'apologie du braquage", nous avait dit alors le braqueur repenti. "Je sais qu'il s'agit de faits graves", avait-il poursuivi.


"Il était devenu un honnête homme"

Quelques mois après la parution de son ouvrage, Gilles Bertin s'est donc éteint à Barcelone. C'est son avocat, maître Etelin, qui l'a annoncé, jeudi 7 novembre 2019. 

Il était fin, intelligent, il avait réussi à retrouver la paix en lui-même, après la tourmente de son existence, il était très cultivé, il avait fait preuve d'une grande responsabilité

"Il était devenu un honnête homme. C'est intéressant comme il a évolué", a confié maître Etelin.







 

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